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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 Pour la petite histoire, 1857 sera une année sombre pour Flaubert et Baudelaire. Madame Bovary et les Fleurs du Mal seront attaquées pour atteinte aux bonnes mœurs, seul Flaubert sera acquitté. Ce genre d’anecdote est assez révélateur de l’esprit français, on connait l’impertinence gauloise et la joute verbale qui caractérise si bien le rabelaisien depuis Cyrano. Ivre et mort, la première des deux nouvelles, est avant tout adressée aux grands buveurs.  L’un d’eux, Rymbaud de nom, ne survivra pas à cette plongée infernale. La mort, finalement, est le meilleur moyen de rester sobre. Flaubert aura les mots, comme Courbet les coups de pinceaux, pour décrire les funérailles de ce pauvre Rymbaud. L’ivresse eu raison de cet homme dont ce temps-là, encore pieux, fit de lui et malgré lui, un bon larron. Il semble ainsi, depuis la mort des frères Médicis à Florence et du bibliomane de Barcelone, que la mort soit le fétiche de Flaubert. Dans la nouvelle suivante, Les funérailles du docteur Mathurin, la chose est vérifiée. Flaubert narre le plus tranquillement du monde, les dernières heures de cet homme dont l’ivresse, comme dans la première nouvelle, l'accompagnera jusqu’à la mort (p60). Libations sur libations, l’ivresse est complète et le docteur Mathurin, hébété jusqu’au cœur, jusqu’à la frénésie, jusqu’à remplir le sang de vertige, mourra dans un dernier frisson orgiaque. Ses deux disciples de beuverie déposèrent ensuite son corps, non loin de la treille, à même la terre, comme s’il fut lui-même une feuille morte !

Antoine Carlier Montanari

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