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Publié par Alighieridante.over-blog.com

          

 Les fleurs du mal de Baudelaire, je viens de réaliser que le jardin qu’à tisser le poète est la parfaite expression de l’adage de Marx à propos de ce qui est vrai et de ce qui est faux, ce qui est faux semblera vrai et ce qui est vrai semblera faux. Les drogues, sont tout autant des fleurs dans le jardin du diable qui rappellent en symétrie négative l’autre jardin de l’Eden, que Baudelaire nommera également les paradis artificiels. Ce que nous dit le prophète Jérémie à propos des yeux de la chair, vous avez des yeux et vous ne voyez pas, est véritablement la clé qui nous permet d’identifier le camouflage du diable. En effet sous ce principe il est possible de tromper les hommes sur la nature réelle de ce qu’ils voient. La pomme délicieuse a bien caché son poison au regard de Blanche neige. Ainsi, si l’arbre du jardin de l’Eden produit des fruits magnifiques, Dieu en interdit pourtant la consommation à Adam et Eve. Au contraire, sur cet autre arbre, la croix, pend un tout autre fruit, le Christ, nous dit Léon Bloy (1), c’est le contraire de la scène du paradis terrestre : Dieu veut qu’on mange de ce fruit, à savoir le Christ crucifié, que ce fruit lui-même a soif qu’on le dévore, le corps et le sang, l’Eucharistie. C’est donc la souffrance ici, qui nous ait demandé de manger, voyez, c’est précisément ce fruit méprisé qui sauve. Ainsi, ici, Dieu nous avertit que les choses apparemment belles, peuvent, de par leur beauté, tromper très facilement les hommes, pour autre exemple les bijoux, les atours et les maquillages masquent bien souvent les vices et les péchés des hommes et des femmes qui s’en pare. En comparaison, le mendiant n’attirera que de l’indifférence et au mieux de la pitié. Quand le Christ nous dit que les premiers seront les derniers et les derniers les premiers, il ne dit pas autre chose. Tout naturellement ceci s’explique par le fait que la beauté est la forme du bien et que la laideur celle du mal. Voyez comme la reine dans le célèbre comte évoqué un peu plus haut, femme au demeurant méchante et cruelle, ne désire que la beauté, et pour tromper sa rivale, tout comme le diable dans le paradis perdu, elle change de forme. Cette métamorphose que l’on trouve dans tout le corpus du spectacle est là pour affirmer la domination de la forme sur le fond, c’est un acte mensonger qui s’appelle le théâtre et que les hommes ont élevé au rang d’art. Lorsque les acteurs sont convaincants, le spectateur est immergé dans une autre réalité qui bien souvent, suivant la charge sentimentale de la scène, lui fait couler des larmes ou lui tirer une franche rigolade. Cette catharsis a pour but de tromper l’esprit par les sens, cet art du déguisement est le leurre le plus efficace pour camoufler sa véritable identité. De même, si Baudelaire image des vices par des fleurs, c’est que ces vices usent des attributs de la séduction afin de tromper le regard, et ainsi c’est le diable qui tient les fils qui nous remuent (2).

Antoine Carlier Montanari

 

 

  1. Léon Bloy, Le symbolisme de l’apparition
  2. Les fleurs du mal
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