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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

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 Ah ! Dieu et la philosophie, une impolitesse pour cette époque ! Car enfin, comment voulez-vous honorablement parler des grandes causes sans évoquer le Dieu Un, celui de Plotin, mais surtout celui de Thomas d’Aquin, car d’après lui, Dieu est le plus haut objet que l’on puisse concevoir pour la science humaine*. N’est-ce pas là une formidable pensée, si vous ne le pensez pas alors essayez de répondre à cette question de Leibniz, à savoir, pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?* Pourtant, si d’emblée vous écartez les causes finales,  le hasard est pour vous la raison universelle, l’établissement définitif de toute matière. Cette philosophie superficielle qui règne pratiquement partout et qui se satisfait de pensées légères et vagues, déconnectées des principes fondamentaux et des préalables naturels et religieux, ne favorise évidemment pas l’autodiscipline intellectuelle et morale, il n’est plus possible ensuite d’élaborer et de développer une pensée profonde, les préliminaires étant balayées, les causes aussi, la conclusion portera sur une approximation de la vérité, finalement on dira qu’il n’y a pas de vérité. Affirmer avec légèreté, après avoir lu attentivement Gilson, que l’existence de l’homme est le fruit soudain d’une puissance aveugle, ignorante, dont chaque acte est simplement d’une intelligibilité incroyable, procède simplement d’un ensorcellement de la science comme peut l’être le vodou. Cet ouvrage est une réorganisation spirituelle, ainsi, avec les grecs, Aristote, Platon, Plotin, la religion va être soumise à la philosophie, l’essence et l’existence vont prendre forme. En parallèle, les juifs avec Moïse vont réorganiser la religion par la révélation du Dieu unique, Plotin s’en approchera avec son Idée de l’Un. Puis viennent les chrétiens, Thomas d’Aquin, Descartes, Pascal et Spinoza, la raison et la foi converge. Le Christ étant la manifestation réelle de l’essence, à savoir le Dieu de Moïse, la philosophie grecque et la religion juive se développent dans le christianisme. Cette accrétion est bien profitable puisque de l’existence peut être donnée une finalité et une substance par le Christ, donc par Dieu, en d’autres termes s’il n’y a rien dans le Christ pour rendre compte d’un dessein, comment justifier la présence d’un dessein dans une série d’accidents? Cela revient à dire que si un chimiste arrive un jour à produire des cellules vivantes, ou quelque espèce d’organisme vivant élémentaire, rien ne lui sera plus facile que de dire pourquoi de tels organismes existent. Sa réponse sera : Je les ai faits.* De la même manière quand un joueur de billard fait une série de cent, dire que c’est un coup de chance, c’est offrir une explication plutôt faible.* Ces exemples, de bons exemples, puisqu’ils se proposent de faire triompher l’argument, ne sont pas les seuls, d’autres, encore plus exemplaires, viennent saluer toute l’étude. Et cela est bien, combien de fois je me suis retrouvé dans l’incapacité de rétorquer convenablement. Cette stérilité de l’esprit est agaçante mais maintenant avec cet ouvrage et celui de Brochard, j’ai acquis une certaine habilité. Les véritables principes, la coordination des théories réorganisent la pensée et expriment par le don du langage une redoutable argumentation. En conséquence, la compréhension de cette cause suprême répond à la question de Leibniz, autosuffisante de plus puisqu’elle offre à l’homme l’éternité et par-dessus tout, elle nous aime profondément, elle est un Dieu d’amour et de consolation.*

Antoine Carlier montanari

 

* successivement page 64, 116, 106 et 76 du livre

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