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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

The-Dark-Knight-Rises-Original-Motion-Picture-Soundtrack.png

 Quand le septième morceau tombe, les minutes qui passent paraissent ne plus exister, j’ai entendu cette mélancolie ébranler mon âme et y planter sa force comme une dague qui déchire la chair. Puisse donc cette terre rugueuse résonner aussi fort à vos oreilles, sans noyer votre âme ni la rendre inerte, puisque se consume en dedans d’elle des strates bien linéaires et bien formées, de telle sorte que chaque mouvement qui l’a compose monte comme la lave d’un volcan en éruption. Mais pendant que toute sa vivacité coince votre attention, sa sœur en treizième, forme un bien plus grand élan, dans son échappée bruyante apparaît un aigle géant. Plus haut, au bout duquel la fumée succombe sans résister, des voix reprennent en un cercle majestueux un chant sévère,  qu’aucun diable ne reprendrait sans s’y voir perdre les ailes. Mais ces sept minutes incandescentes, qu‘un vent fort vient élever, oblige les tympans à chercher refuge. Sur cette hémisphère qui ferait bien tourner en rond la vielle garde Mahlerienne, se briserait cependant devant son maître. C’est là que cet empereur dresse le mieux son œuvre, comme un titan de glace qui tend les bras pour grimper la montagne, c’est bien lui qui vient ravir votre oreille de son souffle le plus fort, pareil à ce navire qui toute voile dehors traverse la tempête sans rechigner. Il chemine adroitement tandis que les flots au dessus de lui crachent plus que de la fureur, de chacun de ses côtés apparaît alors des rangées de rames qui viennent battre l’eau tirant en même temps une louange si glorieuse que l’usage de la mémoire rappellerai bien à Ulysse les voix si prenantes des sirènes. Et quand la fin, la dix huitième, reste calme, presque lasse de voir ses sœurs autant maltraitées, l’agréable sérénité vient charmer les dernières tensions pour apaiser les sens. Maintenant qu’elle reste à flatter les mortels, d’ailleurs toujours suivant ce mouvement du ciel qui dicte le rythme universel, et que moi en silence entend serrer contre mon coeur, c’est ainsi qu'ici bas se grave les grandes sonorités.

Antoine Carlier Montanari (Commentaire sur la bande originale "The Dark Knight Rises" de Hans Zimmer)

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