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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

 

 

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 Libye, fille rebelle des institutions internationales, toisant allègrement l'Otan et l'ONU, l'on se demanderait pas si le projet du trio atlantiste (Obama, Cameron, Sarkosy) s'évertuerait à rendre cette gamine docile à leur enseignement. L'on est en droit de se poser les questions relatives à l'emploi de la force dans cette région. L'élimination de Kadhafi est une bénédiction pour les mondialistes, sa forte tête les empêche d'installer au désert les légions de consommateurs. Il est bien entendu que la volonté d'un peuple de se débarrasser d'un dictateur pour aspirer à plus de liberté est une nécessité morale. Mon propos s'accorde d'avantage des effets sous-jacent au prisme visible. L'orientation des faits peut démontrer, pour une large majorité, le rôle utile de la guerre. Il est cependant convenu que de telles mesures peuvent être étudiées au regard de la géopolitique et de la realpolitik. Les bons sentiments qui animent nos dirigeants peuvent impliquer des orientations autres que celles envisagées par les peuples. A savoir, au regard de cette tribune onusienne qui revendique le droit d'ingérence en soulignant  que "Ni Europe, ni la religion, ni le monde ne peuvent se permettre de donner un nouveau refuge aux extrémistes."  Si l'on daigne accorder à Nicolas Machiavel certaines origines de la realpolitik qui développait l'idée que l'objectif d'un prince était la recherche du pouvoir, indépendamment des questions religieuses et morales. Il peut-être clair qu'à l'issu de cette comparaison, la résonance peut se faire lumière. A regarder de près l'inévitable présence d'hommes de pouvoirs qui chacun à leur manière souligne la nécessité d'une cause plus grande. L'intérêt supérieur du modèle mondialiste semble être pour ces dirigeants un but qu'ils doivent atteindre, plus qu'une nécessité à l'épanouissement des peuples. C'est ce en quoi la Libye se montre révélateur des mécanismes du système onusien et qui permet la mise en évidence d'une volonté d'aplanir chaque nation à ses dogmes. Un piège qui pourrait faire réfléchir les peuples et faire comprendre qu'une crise intérieure permet la main mise de l'organisation des nations unies sur le pays, à l'exemple frappeur de la Grèce, l'Irlande et le Portugal. A cette hypothèse qui se vérifie par la propre demande d'aide de ces mêmes états à l'ONU, le fait se répète par la Libye qui sous des mots savamment placés impose leur présence: " L'opposition lybienne a appelé à l'aide. Dans ce moment de détresse, le peuple libyen s'est tourné vers la communauté internationale. Le conseil de sécurité des nations unies, dans une résolution historique, a autorisé la communauté internationale à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la population libyenne contre les attaques qu'elle subit.".  A l'évidence le rôle toujours plus croissant de l'ONU permet de se montrer prudent quand aux causes qui lui ont permis d'en arriver là. Croire à l'éventualité d'une déstabilisation de la région par des forces souterraines est à envisager au regard des intérêts économiques.  Il est devenu normal, à l'heure où j'écris ces mots, que l'ensemble des élites en place s'accordent sur le besoin de recourir à la force pour destituer le dictateur. Il pourrait apparaître, en oubliant les genoux flexions préalablement accordées à ce même homme par le passé, le besoin vital pour cette partie du peuple qui désire le changement, de s'accorder à un règlement du conflit dans les plus brefs délais. L'action militaire n'est pas forcément la meilleur solution mais certaine fois elle permet d'éviter un bain de sang plus important. Il est en conséquence, et ce n'est pas là mon avis, de vouloir éliminer le sectaire afin de rendre la Libye maître de son destin; "La France, le Royaume-uni et les États-Unis n'auront de cesse de mettre en oeuvre les résolutions du conseil de sécurité pour que le peuple libyen puisse décider lui même de son avenir.".  En soi la mesure peut-être louable et pour le simple citoyen elle peut paraître tout à fait acceptable mais un homme censé pourrait avoir un avis contraire. Il est au regard des multiples exemples qui parsèment l'actualité, des miroirs de la Libye. Le Nigéria et le Yémen sont des cas de figures qui se font échos au fait libyen. Il est bien évident qu'à la lecture de ces mouvements, je me porte en faux à l'établissement d'un ordre qui régule ce qu'il désire, ses choix sont insultants pour celui qui comprend les intérêts du pouvoir et ne pas remettre en lumière le cas libyen sous l'échelle de ces valeurs ne permet pas la compréhension nécessaire à ce qui se passe. Je me ferai écho de l'éditorial du Monde (22/04/2011) qui tente d'expliquer l'absence de réflexion sur le sujet de la part des politiques, des militaires et du peuple. Ce qui se trame sert la cause d'un organe unilatéral qui fait preuve d'ingérence dans des affaires privées. Le fougueux Kadhafi est une entrave, ils ont donc décidé la mise à mort et cette exécution semble acceptée de tous. Le monde décide de plus en plus ce qui est bon pour l'autre. S'il me fallait donner une alternative à cette incursion militaire, je répondrai que tout peuple, s'il désire s'émanciper d'une force dominatrice, devra au risque de verser son sang, mériter son avenir. Il ne m'apparaît pas louable de prendre partie dans telle ou telle révolution si elle n'est pas entièrement accompli par ses propres fils. Le monde actuel établit un ordre nouveau, des règles qui définissent un décalogue caché, une sorte de plagiat divin et qui tisse au fur et à mesure des situations, des intrusions afin d'octroyer à chaque peuple son autodétermination. Le temps des nations semble révolu, la cataracte onusienne s'impose petit à petit et beaucoup, sans réflexion de la sorte, s'endorment en étant rassuré. Ce qui demain, verra la mise au pinacle du mondialisme, permettra l'allégeance à un empire plus grand, plus glorieux et plus louable que celui de César ou d'Hitler. On peut accépter un tel avenir mais il n'aura pas été dit et expliquer l'éventualité qui dessine un tel ordre. Il se peut bien sûr, que tout se passe bien, fort heureux de le considérer mais il m'appartient de remettre en cause un système qui croit que tout le monde peut s'accorder à une idéologie matérialiste.

  Antoine Carlier Montanari (commentaire suite à la tribune de l'ONU, publiée dans les quotidiens du 15/04/2011)

 

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