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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

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 Autant de frères et de soeurs qui s'acharnent à faire de leur vie une réussite, autour d'une mère qui ne peut comprendre ce qui perturbe ses enfants et qui regrette que son défunt mari ait autant confondu la fidélité et la tromperie. Aveugles durant tant d'années des cachotteries paternelles, le groupe familial tente de se construire en évitant de reproduire le schéma du père. Hélàs le modèle étant trop présent dans les coeurs, ces frères et ces soeurs accouchent du même comportement. Le propre de cette famille se décortique à la lumière de leur affection, il est évident qu'à la mesure qui nous ait présenté, et je crois que c'est là la réussite de la série, l'amour mutuel est le ciment qui les enracine.

 La série reflète subtilement les dérèglements familiaux, décrivant avec une narration bien construite, l'évolution de ses personnages. L'on peut constater ce que beaucoup de familles vivent au quotidien, à savoir les problèmes liés aux relations humaines. Chacun essaye de se relever des épreuves du quotidien en s'apercevant qu'ils ne peuvent se soustraire au cercle familial dont le noyau s'efforce d'attirer à lui les éléments qui le constitue. L'ensemble gravite tant bien que mal à l'héritage bancal du père, s'efforçant avec peine de le remettre a flot. Dans cet nébuleuse de contradictions, propre aux fortes personnalités qui la compose, l'une d'elle tend à s'émanciper des convictions maternelles en s'incarnant dans le parti opposé. Ses aspirations d'ordre politique, convergent vers un sentiment d'autodétermination qui souligne d'avantage une position rebelle vis à vis de la famille que de réelles convictions porté par un parti qui revendique un héritage chrétien. Là où sa démarche provoque la contestation de ses proches, sa parole est en contradiction avec ses actes qui sous tendent de manière éclatante son manque de moralité. Vacant au moindre caprice de son coeur, elle succombe sans trop de retenue à ses instincts sexuels, répétant de manière plus évidente le passé du père. La retenue n'est pas à l'ordre du jour, tous les bons sentiments sont galvaudés par des pratiques qui assujettissent d'avantage les sujets à leurs désirs mettant ainsi à jour une Amérique nouvelle, celle qui prétend s'autodéterminer dans la liberté la plus archaïque. En effet, et je comprends bien que beaucoup se définissent ainsi, soumettant leur existence au bon vouloir de leur impulsivité et qui voient d'un très mauvais oeil la conscience qui recadre l'homme dans ses excès et ses dérives. Cette liberté que la famille Walker s'accapare amplement et les déviances des enfants ne gênent point la mère qui ne s'octroie pas à elle même une conduite tendant à devenir exemplaire, empêchant de faire trébucher ses enfants à l'aveuglement qu'ils témoignent. Cette mère à qui les besoins matériels ne sont point un problème, passe son temps à s'occuper de rien et de tout et semble faire d'un rien un tout qui justifie sa vie. Certes elle aime sa progéniture et cet amour est réciproque, mais elle ne se montre jamais la femme qui forge le sérail familial par le labeur et la discipline, les difficultés semblent la détruire et tous ont peu de confiance en ses capacité à relever les défis. Son exemplarité reste confiné aux soucis les plus caduques, faisant fi de la rigueur de sa communauté en écartant la religion à laquelle elle appartient. On devine les choix qui ont privilégié l'éducation des enfants, la réussite sociale plutôt que les valeurs d'ordre morale, les frères et les soeurs bien qu'à l'abri matériellement, s'extirpe des douleurs du monde social en tentant de vivre suivant les envies du moment. Ce qui apparaît comme le centre de cet univers apparaît au fil des épisodes comme une personne fragilisée par les cachotteries de son défunts mari. Une maîtresse cachée, une belle fille témoignent du mensonge qui règne dans la famille. L'on ne peut constater au regard de notre société le parallèle évident qui se matérialise au quotidien. Ce qui s'avère être la vie à l'écran se constate dans la vrai vie par épousailles des comportements d'aujourd'hui. Les producteurs tissent les ramifications d'une famille moderne à qui l'élévation personnelle est suggéré par les choix politiques plutôt que par un enracinement moral et solide à la manière des Ingalls. De ce point de vue la comparaison est sans appel, l'une d'elle, juive, profite de la vie terrestre et du confort par l'argent, l'autre chrétienne lutte dans l'existence en faisant sienne l'apanage du bien et de l'effort. Ce qui semble être l'himalaya pour les Walker n'est autre que le mont Blanc pour les Ingalls. L'on pourrait continuer la comparaison et l'on s'apercevrait vite de ce qui fait la différence, et selon les choix qui vous incombent l'on subordonnera à votre profil telle ou telle famille. Vous auriez bien compris que le mien se tourne d'avantage vers Catherine et Charles. La force de caractère, l'amour qui les unis, les valeurs de transcendance et d'élévation de l'homme par l'acceptation de la souffrance font que de loin leur témoignage de vie garanti à ceux qui en prennent conscience l'acuité nécessaire pour traverser les épreuves. l'on est loin des problèmes psychologiques dû à la surabondance des désirs. Les Walker trébuchent aux pièges qu'ils se font à eux mêmes et pourtant aux études qu'ils ont menés, aux postes qu'ils occupent dans la société, l'on ne peut pas dire que la vacuité est un trait caractéristique de leur famille qui au regard des Ingalls, pourtant moins intellectuels, font preuve d'un manque évident de perspicacité.  Symptomatique du temps qui est le nôtre, la famille Walker s'enracine allègrement dans une société débridée, ses repères sont d'ordres économiques et politiques alors qu'au temps qui n'est plus le nôtre, la famille Ingalls figure emblématique pour tous les occidentaux, rassure par sa constance et sa capacité à braver les épreuves. Là où les Walker ne comprennent pas où le sort les entraîne, les Ingalls tentent de s'extirper de la folie économique qui abruti les individus et propose un modèle alternatif par la remise en lumière des sentiments les plus honnètes. 

 Il est peut-être nécessaire de souligner le parti prit des producteurs, mettre en évidence la communauté gay, afin de comprendre l'ensemble sous ce prisme un peu particulier. Il est vrai qu'en cette époque, propice à extirper et mettre en valeur ce qui fut longtemps considéré comme tabou, la famille Walker s'ingénue à protéger ce qui lui semble être conforme à sa morale sachant qu'elle même s'interdit ce qui lui est insupportable.. En se faisant le chantre d'une telle démarche, les protagonistes se retrouvent à répéter les mêmes erreurs, contribuant non pas à l'épanouissement de la personne mais à sa décrépitude car incapable d'engager une quelconque remise en question de ses éventuelles déviances. Sur ce point les producteurs frappent justes, souvent pertinent sur les phénomènes sociaux qui encadrent les protagonistes, mais aucun intervenant semble prendre le partit adverse pour contribuer à l'éloignement du jugement envers la situation donnée. Les référents vivotent sans qu'une grande tribulation ne vienne remettre en cause leurs concepts et l'on peut parfois s'étonner du manque d'envergure qui servirait à remettre en question un système qui se veut toujours plus matérialiste. Cependant l'on ne pourrait se satisfaire de cette analyse, si elle même n'engendrait pas une autre qui permettrait de voir ce qui nous ait montré sous l'angle opposé. Il est indéniable qu'à la lumière de ce qui apparaît comme assez déroutant pour ceux qui ont des convictions religieuses, se cache une démonstration qui toutefois rend le diable assez vertueux à son insu. A considérer qu'au premier regard de ce qui nous ait présenté, l'on peut constater, sans faire preuve d'une très grande réflexion, l'étonnant flux de miséricorde qui embrasse les protagonistes. Cette valeur, hautement christique et qui s'oppose à celle du talion, s'est propagée dans nos société d'une manière assez convaincante. Il est même convenu aujourd'hui de pardonner au criminel avant de penser à la victime, au point de se voir souvent affublé des discours lénifiants de nos élites sur les comportements que l'on devrait avoir. Ainsi configuré au nouveau sens de l'histoire, que ce petit fils de charpentier a daigné nous dévoiler, l'amour et le pardon sont devenus des axiomes. Ainsi donc, pour tenter de vous faire comprendre le sens de ma critique, je m'attelle au regard de la bouteille à moitié pleine. Une vision que chacun d'entre nous se doit d'avoir afin de ne pas sombrer à la facilité des jugements. Il est bien entendu préférable de comprendre les éléments positifs de la série qui tendent chacun des protagoniste à la tolérance vis à vis de ceux qui sont différents, aspect très christique et qui rappelle aux hommes l'action du Christ envers la prostituée. En ce qui est louable, le fait de rendre aux autres la dignité qui est la leur témoigne que la série juxtapose la tolérance et l'amour avec parfois un amalgame entre comprendre et accepté. Là où le Christ a pardonné à la femme de petite vertue, il n'a point concéder l'acceptation de ses péchés. L'essentiel étant de compatir à la douleur et au pardon des fautes et sur ce point nous retrouvons l'idéal chrétien mais qui s'édulcore au moment des conclusions qui en sont faîtes.

 Il ne peut s'agir là que d'un avis, né à la suite de la rencontre avec ces personnages, et qui au fur et à mesure de l'écoulement des évènements m'ont fait prendre conscience d'une certaine réalité. Je prends acte par le renvoi au monde dans lequel je vis, que les Walker sont reflets de nombre d'entre nous et qu'à ceux qui ont écrits ces parcelles de vie, il faut avouer, qu'ils font preuve d'une grande acuité sur les comportements d'aujourd'hui. Cependant et je ne l'espère pas, car ces mots ne concernent que l'introduction de cette histoire, que les producteurs ne se feront pas le relais d'une culture de mort et qu'ils joigneront une conclusion autrement plus édifiante. Quoi qu'il en soit et qu'il n'en plaise à ceux qui lieront ces phrases, je témoignerais de ma préférence en sachant qu'à tout considérer dans l'existence, il vaut mieux être joints des hommes et des femmes de la trempe des Ingalls plutôt que de celle des Walker. Toutefois il reste chez ces derniers une parcelle de vérité qui reste à être vécu par la majorité, à savoir pardonner et aimer les autres et dans ce sens les Walker font preuve d'une belle exemplarité.

 Antoine Carlier montanari

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