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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

 

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 A ses mots, quoi que positifs mais surtout lénifiants, peu soucieux des tangentes géopolitiques, je répondrai défavorablement à son  analyse de fond, à moins que l'écho de son éditorial soit voulu pour provoquer le commentaire. Nicolas Baverez témoigne avec ses suites de chiffres d'une incapacité à voir l'ensemble sous l'angle le plus instable. Car les circonstances qui mènent le monde en ce jour, à des conséquences désastreuses, permettent de témoigner des faits qui bouleversent à ce point une époque où les frayeurs se font plus habiles qu'auparavant. Il faut ajouter que la motivation des hommes d'aujourd'hui sont restés les mêmes qu'avant et ceux qui croient à la bonne volonté de nos dirigeants, devraient s'efforcer d'en mesurer les conséquences.

 Obama a éliminé le chef islamique, l'humiliation apportée à la frange rebelle de l'islam va galvaniser leur désir de revanche. Il conviendra et je ne me soustrait pas aux règles de la guerre qui doivent permettre l'élimination de l'adversaire, que la solution dans ce conflit apportera la victoire à celui qui propagera la paix. Dans cette confrontation les valeurs occidentales sont mises à mal par celles prônées par les fondamentalistes, qui sont prêts au sacrifice soustrayant à l'existence la réussite sociale et l'accumulation des biens, ce en quoi nous sommes vulnérables et peu enclin à perdre, démontrant à nos adversaires les leviers qui peuvent nous être fatals . Ils le savent et joueront sur ces mécanismes. Il est à penser qu'aux projets qu'ils fomentent, ils pourraient être tentés de paralyser la route du pétrole en s'en prenant à l'Arabie Saoudite pour exemple. Que celui-ci fournisse une matière à réflexion devrait notamment pousser l'organigramme américain à être prudent dans sa politique étrangère, notamment en se procurant ses besoins énergétiques dans des régions plus stables que celles du golfe. A l'actualité qui depuis l'affaire tunisienne, démontre une transformation en profondeur des états arabes, l'on est à même de constater qu'à cette vague se déploie certainement quelques influences islamiques. Les dirigeants encore en place, qui souvent hostiles à l'islam radical se voient renversés ou maltraités, et qui sous l'apparente émancipation de la jeunesse, permettent aux mouvances extrémistes d'avancer leurs pions. Le tribunal du Caire a reconnu le parti islamique modéré Al-Wasat Al-Jadid, devenant ainsi le premier à être officialisé, depuis la chute du président Hosni Moubarak. Il est peut-être à s'inquiéter pour le monde occidental de tels évènements, à la condition que ses élites comprennent le dessous des cartes. Il est à noter que la faille est désormais béante dans les pays du sud de la méditerranée, à regarder la Syrie et le Yémen l'on verra certainement l'avancée islamique sur le principe démocratique. A compter désormais sur la mort du leader terroriste, n'empêche pas sa mouvance de poursuivre son combat quand ils font leur les mots de leur chef qui en appelle aux musulmans pour "se soulever" et "se libérer de la servitude décidée par les dirigeants, de la loi des hommes et de la domination occidentale", (Le monde du 21/05/2011). A ceci fait résonance la dernière locution du président Yémenite qualifiant le plan de sortie de crise, élaboré avec l'aide des États-Unis et de l'Union européenne de "complot" et prévenant que le réseau Al-Qaïda, bien implanté dans le sud du Yémen, gagnerait en puissance après son départ. Évidemment sur ces mots, le président Obama proclame son soutien au printemps arabe en engageant le FMI, la Banque mondiale et la Banque européenne afin de contribuer à la reconstruction et au développement de la démocratie. Le  monde musulman se voit pris en tenaille, d'une part le bras financier du nouvel ordre mondiale incrémente un processus qui verra ces nations redevables à l'aide apportée, (Le figaro du 20/05/2011), mais aussi soumis aux désirs des frères musulmans qui rêvent comme en Iran d'imposer des républiques islamiques, la démocratie souhaitée par l'occident leur servira certainement pour placer des partis lors des élections. La Syrie se voit montrer du doigt et Obama demande à Bachar El-Assad  de prendre les dispositions nécessaires pour s'écarter du pouvoir. Dans cette mesure l'on remarquera que les organisations mondialistes omniprésentes, s'évertuent à rendre le monde plus enclin à la paix économique, profitant des bouleversements pour étendre leur champ d'action, imitant ainsi ou vice et versa l'attitude des groupes fondamentalistes. En attendant le monde se porte de plus en plus mal et l'on voit à la politique américaine, l'ingérence et l'éclatement des sphères de pouvoir pour permettre l'émergence d'une gouvernance mondiale.  

 Quand au sort de cette jeunesse qui démontre par son désir de rejoindre l'Europe, son manque de foi dans la réussite des nouveaux régimes. Aux dires de madame Le Pen, l'espoir de ces migrants se porte sur les nations occidentales et non sur la riche Arabie Saoudite ou sur la grande Turquie. Ce phénomène révèle l'inquiétude grandissante de l'avenir dans ces pays-là, le poids des ramifications religieuses et morales qui sont encore bien imbriquées dans le tissus social et ne peuvent contribuer à l'émancipation. C'est par l'ensemble de ces composantes qu'il faut avant tout jauger l'avenir du monde arabe. L'analyse ne peut se faire sans omettre la donne islamiste qui se comporte en ennemi du nouvel ordre mondial, ce qui n'est pas forcément un mal mais leur volonté s'exprime par le terrorisme.  Il faut espérer qu'en ayant exacerber la haine de l'occident, ces islamistes ne se montreront pas soucieux de nuire à nos intérêts par la mise à mal de notre dépendance au pétrole, en sachant qu'actuellement la situation est si tendue que la forte augmentation du baril risque de faire dérailler la reprise économique. Le fait que la république islamique d'Iran assure la présidence tournante en 2011 de l'OPEP, permet à M.Ahmadinejad d'assurer sa ligne de conduite, qui n'a d'ailleurs jamais varié, de défendre une politique de prix élevé. (Le monde du 21/05/2011). Voilà comment dans ce début de millénaire les islamistes, très au fait de nos faiblesses, tiennent à rendre coup pour coup les attaques de l'occident.

 Ce qu'il faut dire à Monsieur Baverez, qu'Obama est un mondialiste averti, il nourrit Mammon en fragilisant les nations et en premier lieu la sienne. Standar's and Poorqui remet en question  la capacité du gouvernement américain pour rembourser sa dette, emet de forts doutes sur la politique monétaire du président démocrate. Ben Bernanke, le président de la FED, a averti la presse d'une situation bancale pour l'avenir économique américain et dans cette optique NicolasBaverez écrit: "- les États-Unis accordent la priorité aux Amériques, avec un axe allant du Canada au Brésil en passant par le Mexique.", dévoilant ainsi  le noyautement des structures nationales pour mettre en place une gouvernance globale par graduation en constituant des pôles d'union comme l'Europe. Chaque crise permet donc de réunir le conseil de sécurité, donnant ainsi plus de pouvoir et de crédibilité au statut de ce nouvel ordre. Il est bien entendu que l'on peut-être d'accord avec cette perspective mais il faudra expliquer aux peuples la nouvelle doctrine de cet empire. Car ce qui choque le plus dans cette vision c'est la volonté de plier les nations à des règles toujours plus idéologiques, toujours plus contraignantes et qui nivellent le monde par soustraction des valeurs propres à chaque culture. Le monde nouveau se construit justement par les volontés d'hommes comme Obama, Sarkosy ou encore monsieur Strauss Kahn. Si l'on regarde l'état nation depuis leur gouvernance l'on s'apercevra de leur affaiblissement et de leur dépendance au système mondialisme. L'ONU, l'OTAN, le FMI et l'Europe sont autant de rouages à extraire des pays leur richesse afin d'enrichir une petite élite. Le libre échange s'est fait vecteur de l'enrichissement rapide et l'on voit des hommes devenir milliardaires en suggérant une simple idée. La grandeur de l'un au détriment des autres et la notion de capitalisme libéral s'est implantée dans le monde par l'entremise des organisations citées plus haut et l'on voit la constante monétaire devenir l'objectif principal. C'est pourquoi  Monsieur Baverez, se réfugier dans le nationalisme est un instinct de survie, il se calque sur le modèle familial, devenant ainsi une pousse solide qui permet de préserver l'unité et de ne pas sombrer comme Rome aux vertiges de la grandeur et de la décadence. Vous comprendriez à ces mots que la famille comme la nation sont des cercles de stabilité qui depuis plus de 2000 ans ont faits progresser l'homme.  

 C'est pourquoi l'affaiblissement de la puissance américaine au moment où la politique des dominos est installée, verra au jour d'une catastrophe importante la chute de tous le système. Tout le reste, les spéculations chiffrées, les mesures politiques se verront balayées par la mise en place d'un autre système toujours plus global pour entraîner le monde dans une crise encore plus profonde et celle-ci sera morale. Le mondialisme impose ses choix, rendant les nations dépendantes les unes des autres, qui au cénacle onusien font prospérer ce géant qui a tout l'air d'une tour de Babel. Répétant ainsi à Monsieur Baverez, que la concession graduelle des pouvoirs d'autodétermination de chaque patrie entraînera une vassalité et une dépendance à l'ordre supérieur et qui le jour où celui-ci se trouvera enrhumé affaiblira le reste du corps, mais espérons que ce mal ne soit que de cette ampleur.

 Antoine Carlier Montanari  (Commentaire suite à l'éditorial de Nicolas baverez dans le point , daté du 21/04/2011)

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