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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

       Bete_de_Cinglais_1632.png
 
 Il est au temps qu’Hérode, où nul enfant n’a pu se maintenir vivant, se dévoila pour ouvrir le sinistre passage. Ce grand connaisseur, expert en tous les supplices et les vices, convient aisément des usages qui provoquent la mort. A l’aspect d’une hyène qui surgit tout à coup, avançait droit , la rage au ventre , que la faim conduit à la louve. Et comme elle gagnait du terrain, cette bête inquiète refoulait vers l’ombre sa proie, tandis que ses yeux perçaient à l’endroit que l’on appelle cœur, son funeste désir. Par sa nature, elle est si lâche et si perverse que la louve conduit sa semence au chemin qui ne connaît que la lumière. On la voit, silencieuse, s’apaiser  a son premier berceau, qu’en cette demeure dort le salut éternel. Mais voilà que surgit la hyène, suivi par d’autres bêtes bien plus vilaines, dont le nombre ne cesse d’augmenter, dévorant sans s’assouvir. Écouter les hurlements et contempler l’affligeant spectacle,  que des ombres encore présentes réclament en vain une seconde mort. Partout elle gouverne, cette bête qui s’est croisée avec une plus ambitieuse , veut  demeurer éternelle et puissante, c’est pour cela qu’elle chasse l’enfant de la louve, celui qui règne déjà. Puisque sa demeure est là-haut, c’est là qu’elle veut le renvoyer. Alors elle se mit en route, au pas cadencé, plus précis et plus déterminé, refoulant un souffle des plus répugnant. Le jour mourait et la bête toujours en chasse s’arrêta pour admirer son vaste empire que la Rome inébranlable promit de laisser. Déjà toutes les deux complotaient pour prendre siège, un désir sans cesse mauvais au sein de cette nuit presque totalement obscure. Nul lumière de la lune pour guider ses pas, une triste destinée que les esprits des malheureux ne veulent revivre et pourtant dans son sillage elles suivent la bête car un plus puissant le leur commande. Ce cortège de damnés qui geint si fort, maudit déjà la hyène car elle ne ménage point sa course. Réellement, cette foule maudite que le démon et Dieu repoussent à la fois, baignait dans une fumée sournoise, venant certainement du funeste Achéron. Là, s'arrêta la bête, renifla la brise nocturne et cria: » Gardez-moi, esprits nuisibles, la lumière m’a ôté la vue! » A ces mots elle s’allongea et de son flanc sorti une autre bête qui semblait plus fine et plus élancée. La hyène grinça des dents et dit: » Part! Part! Va chercher celle qui me tracasse et tue ce que son ventre a nourri. » Dès qu’elle eut prononcée son barbare discours elle mourut et l’autre bête la dévora. La semence inique finit son met et laissa les os et la tête pour qu'aucune plante ne puisse pousser sur ce sol. Ce nouvel héritier s’embrasa de mille force et fila dans le désert. Plus vite que les étoiles filantes et les comètes il rejoint le Nil, le traversa et surprit la louve. « Mon nom est Marie mon cher enfant. », dit t’elle. «  Ceux que le désespoir accable arrivent tous ici. Ils laissent au fleuve leur peine et leur faim et s’abreuvent d’une eau qui ne peut se tarir. » La bête  trembla soudain si fort que la frayeur la baigna de sueur. Confuse en apparence elle rétorqua: « ne voyez-vous pas que je suis-là pour vous nuire!  Celui a qui je dois la vie a fini dans ma gueule. Ne vous apitoyez pas sur moi, je suis né d’une infâme volonté et comme je ne puis changer la nature qui me définie, je ne désire point prendre votre bonté. »  La louve posa doucement sa patte sur celle de son ennemi et lui dit: » Sois comblé de l’amour de ce Dieu que tu n’as pas connu, pour échapper à ce terrible destin qu’a connu ton maître. Conduis-moi vers l’endroit que tu cherches, pour que mon fils puisse t’accorder sa paix et éloigner de ton âme les terribles tourments! ».  Sur ces mots  la bête comprit quelle grandeur animait sa proie. Ses yeux de braise, ses pattes cramoisies comme un cerbère qui guette, tandis que tout son corps s’apaisa, délaissant sa haine.  Elle s’accroupit, ouvrit la gueule et dit: » Bien que ma parole, bonne mère, ne puisse trouver mots aussi éloquents,  je m ‘en remets désormais à votre grâce qu’il me sois fait selon votre sainte parole et de tout ce que peut accomplir une bonne vie, je l’accomplirai. »
Antoine Carlier Montanari

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