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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

 

Crucifixion-Giotto_mg_9953.jpg 

 Il y a du monde, d’accord, je ne saurais dire si tout ce peuple sait ce qu’il voit, mais sans rien dire ils montrent tout de même certains signes d’insensibilité. Devant tous ces visages, ceux des saints, corps à part, s’étale une immense clarté, celle du dedans, celle qui fut en son temps, du temps de Giotto, une source de bénédiction et de bonheur. Je vois ici l’humilité et la patiente, il faut passer par là, par cette salle, cette salle qui promet une bien belle démonstration de la beauté. Je la parcours donc et je me remets à regarder par moment la foule pour mieux comprendre ce qui entraîne sa venue. Elle contemple et continue sa marche, près des images, parfois pendant de longues minutes, parfois rapide puis ralentit, se fixe, s’arrête et voilà qu’aussitôt elle s’absente pour s’asseoir. Je détectais chez elle, du moins je soupçonnais que cette agitation ne trahisse un ennui. Mais voilà, le rêve, je le voyais, ce grand crucifix en bois, suspendu comme le Christ en croix. Les couleurs sont là, mais là comme il faut, sans trop d’éclat, presque discrètes comme son auteur, comme sa vie, donnant à l’ensemble, au crucifix, une vision apaisante. A côté, d’autres peintures montrent les mêmes remplissages, les mêmes traits, ici rien ne révèle le désordre ou l’anarchie, le calme est requis comme au monastère et c’est là, je crois, toute la grandeur de l’œuvre. Je revois donc cette foule, plus apaisée, comme moi d’ailleurs, qui admire en silence les saints et les anges, le Christ et la Vierge. A présent tout change en cette heure, il ne paraîtra pas absurde après, en sortant, de regarder de la même manière le monde et les hommes.

Antoine Carlier Montanari (commentaire suite à l'exposition du Louvre sur Giotto) 

 

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