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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

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 Je veux dire tout le bien que je pense de cet homme là, plus même s’il m’était donné des facultés bien supérieures à celles que j’entretiens, pourtant, je ne veux pas présager de cette insupportable comparaison à la grande littérature, car bien que j’ai le sentiment qu’elle est inévitable elle ne peut-être user sans y adjoindre à mon jugement la prétention de la connaître. Lire George Steiner, rend donc un peu plus supportable l’existence, du moins la mienne, un guide et peut-être bien plus, qui sait avec ses mots parler au cœur. Une vie bien faîte qui mèle la poésie à la vie, qui ne tarde pas à s’exprimer du mal et de ses acolytes, ne cachant point ce qui mitraille allègrement l’existence, permettant au fond de mieux examiner ce qui nous résiste. Là où règne cette hyène si malfaisante, ne décrivant point comment son habilité met en pièce nos espoirs, Steiner y évoque l’absence de lumière. La ténèbre, il ne fait que répondre à cette perte du bien tant expliqué chez Dante et Milton, que Sartre entend matérialiser par la divergence des avis et des principes, donnant à chacun des raisons de désapprouver l‘autre, rendant ainsi difficile à communiquer toutes les pensées et encore moins à en accepter les actes. Pour raconter, nous raconter tout cela, daignant à le faire de la façon des anciens, en distinguant clairement le mensonge de la vérité, il exige du centre de notre pensée d’entendre le monde comme une symphonie. C’est là que l’on peut voir, traverser son esprit, toute sa passion la musique, et ce don qu’il n’use pas le bouleverse et l’exalte. A ce stade il est tout entier, partageant au temps du silence la même portion harmonieuse de son contraire, si fort que chacune des deux partie l’oblige à les prendre pour épouses. Demeurant de la sorte, presque pleurant, au dessus de lui la vision de Socrate qui chante avant de mourir, tordant ainsi plus fort ses mains en soupirant, il tente en pensant à Valéry de faire danser cette pensée.  Danser l’être humain, la condition humaine avec Satie et Matisse en compagnon jusqu’à s’en aller prendre la lumière, avec l’espérance en main, tout en passant à ceux qu‘il croisent cette flamme sacrée. C’est comme cela qu’il transmets le flambeau, le savoir antique et ses titans, l’éloge des mots et de la pensée , qu’on ne peut distinguer clairement qu’en donnant à l’esprit les règles du poète. Alors dis-je, Ô maître, ta raison est si claire, quand je t’entends parler, qu’elle embrase ma foi, et ce qu’en dit un autre est un tison éteint.*

Antoine Carlier Montanari

*L’enfer de Dante p360

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