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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

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 Quand l’éclair parle il dit ténèbres. Ces mots de Georges Steiner nous apprennent beaucoup sur la volonté des dieux. Le maitre de l’Olympe annonce l’imminence d’un châtiment et tant de fois, tant de fois les hommes ont vu cet avertissement. C'est toujours de là-haut qu'il vient, il faut dresser le regard et cet écho dans la nuit, qui braille, si flamboyant, apporte avec lui une poignante image. Le Père des hommes et des dieux est furieux, sa colère est juste, il tonne, son doigt frappe et il sait où pointer. Le Corcovado, dont le front pur n’a jamais fléchi devant les multitudes, a vu sa main flamber. Si doux dans les ténèbres, un sanglot est tombé du ciel, si douloureusement que l’œil du monde a pavoisé. Le cœur percé, l’immense abandon, là, sans dire un mot, Christ, trop doux, distribue tout son amour. Peut-être alors, a-t-il voulu nous dire quelque chose. Cette lumière dans les ténèbres, l’éveille à la vie, la création d’Adam, du bout des doigts Dieu touche Adam, le nouvel Adam, le second Adam, il est ressuscité. Nul doute que le monde s’en moque, ce n’est pas un signe suffisant, c’est le hasard crient les hommes, point de message dans cet acte, disent-ils et pourtant, toujours, se propagent les guerres et les famines, partout féconde l’angoisse et la peur, la haine et le désordre, tandis que le massacre des innocents n’indigne plus. Mourir n’est plus rien, vivre non plus, lentement l’homme se décompose et quelque part, tout là-bas, dans un coin, au Japon, l’énergie atomique se répand comme le serpent dans l’éden, silencieuse, perfide, folle et aveugle. Elle efface jusqu’à son ombre, rampe et cuis tout ce qu’elle touche, la moelle, les os, le sang, c’est une bête au service d’une autre bête et cette bête est assez habile pour ne pas se montrer. Sa gueule béante ronge les corps et dans l’air vomit sa bile, elle dessèche les terres et vide les mers puis lentement retire toute vie. Pas une place n’est laissée à la grâce, encore moins à la chair. Corcovado ! Corcovado ! Chantent les anges, ses doigts, trois, se fissurent, des miettes tombent, on annonce des inondations en Italie, en France, une éruption volcanique en Indonésie, une vague de grand froid en Amérique ainsi qu’une sécheresse. Juste le temps de comprendre qu'il va y avoir du changement sur terre, comme l'étoile du berger,  un signe est apparu dans le ciel, devant ce vif mouvement nous devrions aller vers Dieu comme un petit enfant. C'est vrai, tant de siècles ont passé depuis cet événement,  et encore plus depuis l'éden,  et depuis que sur cette terre pullulent les hommes, jamais un temps fut aussi noir. Aujourd'hui, alors que le monde voûte le dos à son créateur, là-haut, le fils de l'homme, les bras en croix, fixe de ses yeux muets toute l'étendue du péché. Il aperçoit désolation, vanité, mensonge et le pire, l'unique chose qui maintient l'équilibre est devenue la proie d'une épaisse fumée. Son église, une et indivisible, est infectée comme un maudit  lépreux, l'orgueilleuse foire, celle-la même qui inspira si justement Bloch, la dévore depuis déjà un siècle. A Fatima, à Garabandal, la Vierge a donné des signes sur cette infestation diabolique, c'était pourtant considérable et à présent cela ne suffit plus! Faut-il quelque chose de plus clair? Rien n'y fait, les dieux peuvent prévenir mais en vain, aveugle, sourd, l'homme se terre et attend que l'orage passe. 

Antoine Carlier Montanari 

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