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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

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 Au seuil du millénaire, l’art contemporain rayonne outrageusement par les louanges continues de la caste financière. Il s’agit de comprendre la révérence du sérail à l’atrophie des talents, ce culte aux artistes conceptuels et de leur fascination pour la rupture. En quoi celle-ci se cultive aisément, promettant au monde une semence riche et variée. Il n’y a pas de grandes manœuvres, de celles qui naissent de l’effort et de la connaissance. L’artiste médiatique est une entité magnifiée, exagérée, produit de la publicité qui promulgue avec défaillance la provocation visuelle. Là où Ph.D et Jérôme Alexandre relativisent l’expression d’Andres Serrano et autres artistes du même acabit dans leur éloge du Christ, là réside la fascination de l'abject. Une affirmation qui protège le fautif par la promulgation d'une loi qui surpasse toutes les autres, c'est à dire la liberté artistique. Il est évident qu'au regard de ces intellectuels, ce dogme absout tous les péchés. Tant pis pour celui qui fait preuve de sensibilité, de voir sa foi et ses convictions maltraitées, celui-là ne saurait comprendre la finesse de l'oeuvre. S'il est vrai qu'au cours de l’histoire l’artiste s’est souvent montré révolutionnaire, il est resté cependant friand d’une technique de loin plus subtile et plus exigeante. L’artiste moderne comme Picabia, Warhol ou encore Bacon ne peuvent rivaliser avec Caravage, Mantegna ou Bruegel dans le sens que ces derniers pouvaient accomplir aisément ce qu'ont fait les premiers. L'art contemporain manifeste beaucoup d'enthousiasme à la médiocrité et à la facilité, il serait exagéré de mettre tous les artistes modernes dans le même sac, cependant à la réflexion, l'entreprise qui régit le phénomène ne semble pas exiger le meilleur et le beau. Ce qui importe révèle d'un malaise collectif, une révulsion de soi et l'oubli de ce qui est grand. L'homme ne s'aime plus, à l'image de notre temps, il se soustrait au rêve matérialiste. Un enfant, de la part insouciante et innocente qui le caractérise saura naturellement discerner le beau du laid. La présence d’une œuvre à ses yeux, rendra sentence d’une vérité toute naturelle et il est évident qu’aux arguments de ces messieurs, la nature humaine la moins touchée par les raisonnements intellectuels et autres idéologies, saura amplement les confondre. Il est intéressant de noter par cette affirmation, la difficulté d’expliquer à l’enfant la subtilité qui permet de comprendre que l’urine est finalement un hommage rendu au Christ. Il n'est point admis pour Michel-Ange, Léonard de Vinci ou encore Delacroix de faire de la sorte, car au talent que Dieu leur a donné, ils exigent ce qu'il y a de plus noble. L'estime qu'ils ont de l'homme se forge des sentiments de la grandeur et non de la décadence, la racine qui les édifient poussent dans une terre plus saine des exigences humaines. Le respect du caractère sacré demande la compréhension des sentiments qui nous animent et bien entendu leur cible n'est autre que celui qui tend la joue gauche. Si l’on ne voit pas les cohortes de Serrano précipiter les dogmes musulmans et juifs aux grâces de la déchéance, c’est peut-être que la terre dans laquelle ils poussent les soustrait au courage. La volonté ravageuse de ces artistes se calque de l’outrage du sanhédrin lorsqu’ils ont livré le juste. Ils sont de la même glaise, ils s’en prennent à celui qui refuse l’épée mais se taisent devant César. Mais à notre époque, par une connaissance plus grande de l’histoire, l’artiste, le politicien comme le citoyen sont moins excusables. Le recul évident qui s’impose à nous par les moyens qui sont les nôtres, ont permis l’évolution de la pensée, de la maturité politique et philosophique qui nous ont permis de protéger les faibles. Ce fils de charpentier qui par amour du prochain, du pécheur, de son ennemi, tend la joue gauche et empêche Pierre de répondre par la force, fit acte de ses paroles en offrant sa vie. C’est en ceci que l’homme d’aujourd’hui se permet de respecter son prochain, qu’il soit noir ou juif, que l’on ait aboli la peine de mort et que l’on pourvoit en argent le plus pauvre. La misère humaine est grande, se montrer doux et complaisant envers celui que l’on ne connaît pas fait désormais parti de nos attributs. C’est pourquoi l’on est en droit de se poser des questions sur les intentions de ces artistes. Croire que la pertinence philosophique, politique ou religieuse se nourri de condescendance ou de facilité est petite mesure à l’envergure de l’homme qui s’en abreuve. Piètre est donc l’auteur qui ne serait magnifier le sacrifice par le talent, la recherche du beau et l’humilité en évitant la contradiction publicitaire. Observer le suicide de Lucrèce par Granach ou la décollation de Saint Jean Baptiste par Caravage, procure une émotion respectueuse de la mort. Considérer alors la crucifixion de Serrano comme une très belle image, ne serait faire honneur à cette mère, qui au pied de la croix souffre autant que peut souffrir une âme humaine. Les mots sont souvent prisme d’une intelligence rusée et la représentation du crucifié n’est point à mettre entre toutes les mains, le bon la respectera, le mauvais l’insultera et l’ignorant passera. En ces termes, la prévoyance d’un thème aussi important recommande de ménager la susceptibilité du croyant et l’artiste comme le professeur et le journaliste se devront d’affirmer la même opinion si le symbole était autre. A croire que ce qu'ils prennent pour sacré, soit plongé dans une quelconque substance viscérale, de trouver une quelconque explication pour le justifier et de faire intervenir un érudit, qui par les mots les plus savants construira une rhétorique propice à qualifier le geste, une contorsion intellectuelle dénué de bon sens. Ceci ne saurait atteindre les entrailles de leur cœur, à l‘élévation qu‘ils témoignent de l‘absurdité, de l‘inversement des valeurs, les yeux de l‘esprit aveuglent ceux du cœur. A point relever l’émotion qui peut nous animer, de ce qui nous bouleverse et nous attriste, permet la mise en marche de certains dérèglements et qui poussent certains d’entre nous à en faire de même. Il serait sage, si l’artiste s’éprend du symbole chrétien, de montrer l’ardeur qui fut celle du Tintoret, de Velasquez ou encore de Mel Gibson. D’élever le regard à ce que l’on appelle le grand art et qui fera toujours dire que l’œuvre de Mozart est supérieure à celle de Lady Gaga.

 Antoine Carlier Montanari (Commentaire suite au dossier du monde sur l'art et l'église du 22/04/2011)

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