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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

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 Un tournevis, une visse, un peu de colle, des choses ordinaires pour constituer un peu de plaisir artistique. C’est l’histoire de son travail, mélanger des matières et des idées, des chaines, du coton, un peu de bois et de la peinture, un peu de tout, un peu de rien,  en apparence beaucoup plus de rien. Laura Tamayo Alzira Rodrigues Zira est bien soumise à son époque, un style simple, qui ne se fatigue pas et qui ne mérite point non plus de se retrouver ici, au Deux Magots. Mais de nos jours c’est inévitable, tout s’est inversé et on ne résiste bien évidemment plus à la modernité ! Voyez ce beaucoup de choses, ce beaucoup de surface et de maquillage qui s’acquittent tranquillement du passé et de ses maitres. Laura soigne beaucoup mieux l’inconsistance que son contraire, sans aucun doute l’abus extravagant du rose et du bleu clair accommodera les jeunes filles et pourtant, ce sont là les débuts de sa vie, de son expression intérieure. A n’en pas douter, même si elle ne peint pas avec la même aisance que Picasso au même âge et avec le même talent que Degas, elle ne fait preuve d’aucune maturité intellectuelle ni artistique, pire elle s’ampute de toutes les méthodes qui conditionnent l’achèvement d’une grande œuvre. C’est là un usage courant de nos jours, nos contemporains, fébriles devant la comparaison, de l’antiquité par exemple, et pour s’en défaire définitivement la discrédite en affirmant que ce n’est pas tout à fait de l’art. Est-ce Convenable ? Non, dans un travail aussi essentiel que l’art, il faut procéder équitablement. L’importance supérieure du passé, d’après les bases qu’il a établi et les preuves de son talent,  permettent de réorganiser de manière sûr la modernité. Cette considération ne peut pas être prise à la légère. Que dire pour justifier, dire qu’après plus de deux siècles une symphonie de Mozart est universellement jouée alors qu’aucune partition de rock, de Jazz ou de pop n’en tire le même mérite. C’est la modernité selon Charles Baudelaire, ce qui dure est moderne, un effet permanent contrairement à celui de la mode. Ce puissant avantage demande beaucoup, sans doute qu’il faut se remettre régulièrement en question et exiger de nous ce que l’on désire de l’autre, à savoir le meilleur. Voyez Laura! Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Simone de Beauvoir ou encore Prévert et Hemingway sont venus honorer de leur présence le café des Deux Magots. On sait qu’ici, les saveurs gustatives sont nettement supérieures à celles d’un fast food, et naturellement vous avez préférez le classique que le moderne.

Antoine Carlier Montanari (commentaire suite à l'exposition des oeuvres de l'artiste aux Deux Magots)

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