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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

                                                                                                                                                              MagdaleneSkullDore 

 Il faut tout dire à Dieu, dire à un Dieu qui a déjà tout entendu, que notre existence est une calamité. La seule chose qui nous pousse à parler et qui fait dire à l'âme le peu d'espérance qu'elle peut avoir dans l'existence. Cependant il y a ce petit espace qui réside dans l'esprit et qui recueille autant qu'il le peut des grâces qu'un amour plus grand lui fournit. Mais en cette demeure ne peut s'épanouir l'idée d'un Dieu, aussi flamboyant soit-il, sans que les voix d'un enfer tout entier la percute en permanence. Les oeuvres perverses plongent l'esprit au règne du monde, incliné à boire l'eau du Léthé, l'héritage maudit nous étripe et ceux qui s'en affranchissent ne doivent leur mérite qu'à la seule volonté du Seigneur. Lui dire qu'on l'aime est une chose mais on lui dirais bien qu'au regard d'un ange, notre nature n'est point à envier, vaudrait mieux pour nous être comme tel, cela aurait été moins douloureux. L'homme aussi grand soit-il aux yeux de son Créateur, reste une composante blessée qui laisse derrière lui beaucoup de ses frères en enfer. Mourir à la cause noble, pour nous éviter d'y aller, voilà le sentier qu'il faut emprunter. L'édifice sacrificiel, derrière son Dieu, n'ayant pas d'autre refuge, se courbe comme une voûte, touchant le front des pieds et s'arme de son meilleur courage. Aux mots qui peuvent suffire, dire la douleur qui nous traverse et de la moitié de l'être se dresse comme un géant pour se confondre au sommet les plus beaux. Plus vaste que les voiles d'un navire, sortent deux grandes ailes qu'un pareil phénix surgit des hauteurs, vient emporter celui qui s'est offert. A savoir parler des langues érudites, qu'en plaise à notre intelligence, ne peut octroyer ce qui vient du coeur. Contempler de notre triste prison un ciel radieux ne peut qu'affirmer dans notre bouche les besoins de nous élever. L'élan qui déracine la chair, qui en elle trouve autant de raisons que lucifer peut en donner pour ne pas s'elancer. De rage et de douleur, d'angoisse et de chagrin, autant de fardeaux qui nous mangent, si goulûment que bien des pleurs ne trouvent jardin à fleurir. A cette condition, notre échelle ne vient que de notre humilité et braver les titans serait aisé si nos larmes ne trouvaient pas en dedans des obstacles pour pardonner. D'où provient ce Dieu, ce soleil qui consume nos fautes, cette clarté qui gonfle le coeur? Que celui-ci laisse là-haut son corps, renvoyant l'infernale mesure à sa propre dislocation, connaître ainsi le Dieu qui s'est fait chair nous enracine comme des princes, mais à son solstice notre misère n'en demeure pas moins. Oui, il ne faut pas rompre le dialogue avec lui, mais lui crier: " Le tourment, Père, si nous te mangeons, serait moindre pour nous; nos pauvres corps de chair, las de vivre, sont écrasés d'une pesanteur que même ta justice ne peut soustraire."

Antoine Carlier Montanari (commentaire suite au texte de l'Abbé de Tanouarn "Il faut tout dire à Dieu", sur son site)

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