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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 

 Simone Weil défini le parti politique comme une ingénierie diabolique tant son existence demeure le fruit de la perversion, Ne sont-ils pas du mal à l’état pur ou presque ? (p8).  Nicolas Machiavel tend à cette définition quand il parle de dégénérescence inévitable des espèces de gouvernements (1). Pour Marco Lombardo, ce qui rend le monde coupable est le mauvais gouvernement (2). Pour la philosophe française tout parti est totalitaire en germe et en aspiration (p17), parce qu’un parti politique fabrique de la passion collective, exerce une pression collective sur chacun des êtres qui en sont membres et sans aucune limite ne cherche que sa propre croissance (p16). A partir de là il est une sorte d’idolâtrie qui éloigne les hommes de Dieu, c’est ce en quoi, le parti politique est diabolique. On ne peut donc servir deux maitres à la fois, si on sert un bien autre que le bien, on perd la notion du bien (p21). Tout naturellement le bien du monde, Mammon, devient le  sens de la vérité et de la justice, c’est installer le mensonge au centre même de l’âme (p26). La multiplication des partis, à travers le monde, a  donc relégué la vérité avec un grand « V » à un point de vue strictement personnel. C’est pourquoi chercher la vérité, c’est la chercher à vide, c’est là tout le mécanisme de l’attention (p29). L’exemple de Simone Weil, pour expliquer ce terme « à vide » est remarquable. L’exemple justifie la vérité qui habite le Christ, la flagellation est à elle seule, suivant l’exemple, une démonstration de l’incorruptibilité du Christ. Si un homme fait des calculs numériques très complexes en sachant qu’il sera fouetté toutes les fois qu’il obtiendra comme résultat un nombre pair, sa situation est très difficile. Quelque chose dans la partie charnelle de l’âme le poussera à donner un petit coup de pouce aux calculs pour obtenir toujours un nombre impair. (p31) Accepter les coups de fouets c’est accepter de dire la vérité, mentir c’est assurer son confort, ce que Pierre a fait en reniant par trois fois le Christ. Si donc des hommes de bonne foi font des compromis avec le mensonge, les partis, qui par ailleurs ne semblent pas rechercher la vérité pour la vérité, sont donc essentiellement tournés vers la compromission avec le monde, lequel, dans son principe, constitue le mal théologique. L’obligation de prendre parti, pour ou contre, s’est substituée à l’obligation de la pensée, c’est une lèpre, nous dit Simone Weil, une lèpre qui a pris origine dans les partis politiques et qui a presque contaminé l’humanité entière.

Antoine Carlier Montanari

 

(1) Discours sur la première décade de Tite –Live

(2) Dante Alighieri, La Divine Comédie, ChantXVI, v103

 

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