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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 L’ordre des lectures peut s’avérer important comme nous avons pu le voir avec le petit livre précédent de Melville dont la morale correspond avec l’autre petit livre lu juste précédemment de Simone Weil. Dans cet ordre nous nous trouvons devant une suite cohérente de livres, qui, bien que distincts, peuvent parler de concert. Ainsi cette nouvelle petite histoire de Jeremiah N. Reynolds, Mocha Dick, choisi soigneusement après la lecture de Cocorico de Melville, renvoie précisément au Moby Dick de Melville.  L’histoire de ce cachalot blanc semble avoir posé son empreinte dans la conscience humaine, on apprend d’ailleurs, qu’en 2008, l’on a baptisé le fossile de l’un des plus grands prédateurs marins qui ait jamais été découvert, le  Léviathan Melvillien (p10). Le rapport avec la bête de l’apocalypse n’est certainement pas fortuit, si Melville apparente cette masse blanche à un monstre biblique, elle est, pour lui, l’image de l’instrument de la justice de Dieu. Ainsi Reynolds, notre auteur, dont l’œuvre inspira le fameux Edgar Allan Poe, si bien d’ailleurs que ses derniers mots, à Poe, furent : Reynolds ! Reynolds ! Reynolds !, nous mène dans une bataille à la baleine blanche dont la force prodigieuse n’avait point d’équivalence. Ce lusus naturae (p30) est une auguste alliance du ciel avec la mer dont la mort rappellera dans un vieux chant marin le crucifié dont la lance, en plein dedans du cétacéévoquera celle du centurion Longin qui transperça le côté du Christ, et qui fera jaillir, encore du cétacé, un torrent de sang aussi haut que le mât (p78), suggérerant à son tour la croix.

 Jeremiah N. Reynolds, en tant que navigateur,  ne manque pas de nous rappeler l’importance de la chasse à la baleine. Il évoque au travers de cette courte histoire le courage des hommes de la mer dont la volonté est révélatrice de la véritable psycho politique américaine. L’auteur esquisse à peine l’idée en appelant la gloire littéraire, dont Melville en sera le plus digne représentant,  à en extraire l’essence qui anime cette branche de la marine et qui, d’après lui, est le résultat naturel d’un peuple affranchi (p83).

Antoine Carlier Montanari

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