Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pages

Publié par Alighieridante.over-blog.com

 Quand on parle d’Edgar Allan Poe, Baudelaire n’est jamais loin, du moins, dans cette histoire-là, l’auteur des Fleurs du mal a toujours été le mieux placé pour traduire l’auteur des Nouvelles histoires extraordinaires. Le poète français, dont le buste trône impérialement dans le jardin du Luxembourg, face au lycée Montaigne, a la fine bouche, tout comme Poe, pour parler du vin. C’est donc en buvant du champagne, du chambertin et du sauternes que le diable et le philosophe dissertent. Dans cette courte nouvelle, vraiment très courte, Poe met en scène un diable très catholique, dont le chapeau, d’une hauteur remarquable, rappelle étrangement celui que porte le Dracula de Coppola.  Sa Majesté, comme est surnommé le diable, fut intime d’Aristote et de Platon, et fut, selon ses dires, Epicure lui-même. Et donc Epicure engendra, entre autres, le célèbre marquis de Sade. On est donc en bonne compagnie, le bon philosophe qui se démène tant bien que mal avec son aristocrate de démon, qui n'avait d’yeux que pour l’âme et non pour voir, au sens d’un mortel, ne voyait pas, le philosophe, où le diable le menait. Si Edgar Allan Poe nous conte une histoire bien ficelée,  la seconde, dont on pourra tirer avantage si l’on veut être peintre par les mots, est délicieusement narrée. En effet, la ruralité est au cœur de la description, les arrangements de l’homme s’accordent tout naturellement avec les combinaisons de la nature. D’une manière critique, au regard des grandes cités urbaines et des plateaux bétonnés qui sillonnent les landes et les campagnes, doué bien sûr d’un regard plus que délicat, à la manière, peut-être d’un Monet sans sa cataracte, le paysage décrit par Poe est impeccablement dessiné. Fort probable, pour ma part, que l’œuvre de Constable,  Paysage avec cottages, en est la plus proche représentation. La charrette de foin, d’ailleurs, en 1821, a aussi son mot à dire. Poe trace donc, en longueurs, en largeurs, en yards, les espaces naturels et les irrégularités formelles dont la nature a le secret et qui, avec précision, élargissent ou rétrécissent les vallons et les forêts, les plans d’eau et les collines et que sais-je encore qui ressemble de près comme de loin à des parcelles de terre, de granit ou de fleuraison.  Et c’est au cœur de cela, que l’auteur, nous mène tranquillement à cette bâtisse de pierre et de bois qui se nomme Landor. Trois daims, non trop loin, erraient dans la vallée comme ce tulipier à triple tronc, dont, aucune magnificence terrestre, pour l’auteur, n’égalait sa gloire dans la vallée (p38). Puis, tout naturellement, à la porte, une jeune femme de vingt-huit ans l’accueilli, élégante et frêle, certainement comme un roseau, et qui aux suggestions de notre auteur, paraissait toute aussi exquise que les grâces naturelles qu’il venait de traverser.

Antoine Carlier Montanari

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article