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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Quand l’industrie du cinéma use de moyens subliminaux pour attirer le public dans les salles. L’immense succès du monde de Nemo de chez Pixar a donné des idées aux créateurs du monde secret des Emojis, autre film en image de synthèse pour enfants et produit par Sony Pictures Animation. Son réalisateur, Tony Leondis, qui, pour Disney a réalisé Lilo & Sittch 2, a scénarisé une petite histoire qui tourne autour des jeunes ados aliénés à leurs smartphones. Le film est un avatar combiné de deux productions de chez Pixar Vice-Versa et Monstres et Compagnie. Le premier pour ses interactions cognitives et le deuxième pour ses créatures sans queue ni tête. Nous nous attarderons donc pas ici sur la teneur du film de Tony Leondis, dont on pourra dire seulement qu’il est entièrement bourré, d’après la bande annonce, des clichés comportementaux des ados bobos. Il va sans dire que le spectacle du narcissisme technologique aliénera d’avantage le public à qui il s’adresse. D’un point de vu sociologique, les différentes applications sentimentales que sont les Emojis, rappellent chacune des minorités visibles. Ce monde tout en couleur, fait indubitablement écho au drapeau arc en ciel LGBT. Cette intégration à cette morale-monde nourri, en réalité, la logique du marché mondialisé et libéralisé. Cela revient à trouver une cohésion non plus nationale autour du drapeau mais autour d’une utopie mondialisée qui se concrétise dans les scénarios de l’animation machinale. Le niveau élevé d’immersion dans le numérique des jeunes d’aujourd’hui s’explique, en partie, par le besoin d’échapper au réel. Le principe de réalité est en effet devenu un facteur critique et incompatible avec la société du confort installée dans toutes les chaumières depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et qui, au regard, de l’augmentation, au niveau planétaire, de la violence et des guerres, des inégalités sociales et morales, ne fait que souligner l’échec évident du monde des adultes. Le monde réel est donc laid tandis que celui du Cloud est merveilleux, cette vie qui imite la vie est donc préférable. Cette déconnexion, déjà développé par Aldous Huxley, dans le meilleur des mondes, est désormais devenu un paradis artificiel planétaire. C’est dire qu’ici, et contrairement aux premières œuvres de Walt Disney, le développement de la culture informelle et conceptuelle est devenu un paradigme chez les nouvelles générations comme des plus anciennes.

 Après les analogies de Capitaine Superslip et de Titeuf (1), il y a donc celles, visuelles, du monde secret des Emojis et du monde de Nemo. Les deux affiches présentent en effet des similitudes graphiques non négligeables. Si le bleu domine, les titres se correspondent intentionnellement, en effet, et à part le mot monde présent dans chacun des titres, les deux premières syllabes du mot Emojis, soit Emo, font écho à celles de Nemo, surtout que sur les deux affiches ces deux mots sont écrits en gros, en gras et en blanc. La dynamique spatiale  et comportementale est la même, les personnages, tous souriants, et tous différents les uns les autres, en couleur et en forme, progressent ensembles, côte à côte, dans la direction du spectateur. Si nous ôtons ici la symbolique ethnique et comportementale du type discrimination positive à l’américaine, nous avons deux produits concurrents évènementiels destinés à remplacer les chefs d’œuvres de l’animation traditionnelle. L’hystérie a remplacé la poésie, le lyrisme et le romantisme. L’intensité des flux hyper concentrés de dérision et de moquerie enferme les individus dans une psychologie grotesque et absurde. Désormais, dans presque tous les cas, les personnages et les situations s’effacent derrière la logorrhée ethno-culturelle afin d’éviter d’aborder l’iniquité sociale engendrée par le système. Les discours bienveillants sur la tolérance et le souci des désirs des minorités neutralisent bien d’autres thématiques d’ordre politique, philosophique et religieux pour mettre définitivement de côté  les progrès sociaux et moraux obtenus par des générations plus anciennes et plus volontaires et sans doute plus courageuses qui ont mis leur vie en jeu. C’est l’abrutissement complet lié à un processus de zombification, qui, en horde, rempliront les fans expo des grandes métropoles afin de fournir au marché, des consommateurs officiellement « sans cervelle » !

Antoine Carlier Montanari

 

(1) voir article du 1 octobre 2017

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