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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 Pour qui connait Guy Débord, il vous étonnera peut-être que Michel Bounan a entretenu une correspondance avec l’auteur  de la société du spectacle. Sans surprise donc, la lecture de L’or du temps prolonge tout naturellement la réflexion sur le sujet. Tout d’abord notre auteur rejoint Howard Bloom quand il traite de la nature humaine, qui, selon lui, est prédatrice, égoïste et individualiste. Ainsi, Michel Bounan, tout comme René Girard par ailleurs, pressent qu’une destruction planétaire provoquée par cette nature prédatrice est inévitable (p21). Il dissout la démocratie, explique, comme Nicolas Machiavel,  qu’elle finit toujours par son contraire (p22). Bien entendu le « je » narcissique est l’un des facteurs de l’animalité humaine  qui conduit l’humanité à la barbarie. L’auteur insiste sur le « je » égoïste, asocial (p21), qui meure faute de pouvoir imposer sa propre volonté, tout le contraire du « je » christique qui lui rêve de mourir dans le « je » solaire qu’est le Saint-Sacrement (p35).  Ce qui demeure incorruptible et toujours identique à soi-même (p36), nous dit Bounan. Ce « je » cherche l’éternité, l’or du temps qui vivifie tous les organismes vivants, sont autant de « je » dans l’universelle création et qui sous le haut parrainage de celui qu’on appelait autrefois « le prince de ce monde » (p41) peuvent se transformer en un « je » égocentrique. Rempli par cette volonté toute personnelle et criminelle, ce « je » va s’imposer au XXème siècle comme un « je » luciférien pour expérimenter toutes les libertés interdites depuis le décalogue. Fatalement ces Caïns des temps modernes possèdent désormais des moyens de destruction planétaire et qui font d’eux des super-prédateurs (p53). Ce prédateur moderne est un faux monnayeur et un imposteur. Son œuvre de faussaire aboutit aujourd’hui au désastre dans lequel nous nous précipitons, nous dit Bounan, à la page 54. L’auteur ne mâche pas ses mots, Les preuves en sont aujourd’hui surabondantes : l’animal humain est bien proche maintenant de détruire le monde et soi-même. (p55). Michel Bounan nous livre donc ici un texte critique dont les résonnances noétiques sont nombreuses et parfois bien dissimulées. Elle permettra peut-être d’aborder des textes plus complexes comme ceux du philosophe allemand Peter Sloterdijk , dont les écrits sont à bien des égard, très proches de notre auteur.

Antoine Carlier Montanari

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