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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 Dante nous écrit que l'enfer se situe au cœur de la terre, l’Eglise ne dit pas autre chose lorsqu’elle reprend cette phrase de l’évangile, et le troisième jour il descendit aux enfers. Bien plus tard, en 1864, Jules Verne va se réapproprier d’une manière plus romanesque le voyage infernal du florentin. En effet ses personnages Axel et Lidenbrock font échos à Dante et Virgile, leur voyage au centre de la terre est une réminiscence de la Divine comédie, laquelle, indubitablement est une résonance de l’histoire d’Orphée qui descendit aux enfers pour y ramener sa femme Eurydice. Dans la Divine Comédie Dante descend également aux enfers pour rejoindre son amour d’enfance Béatrix qui vient de s’éteindre. En1899, Joseph Conrad va retrouver ce chemin dans son Coeur des ténèbres, Marlow et Kurtz incarneront à leur tour les célèbres personnages de Dante. En effet c’est là le véritable voyage initiatique, incontestablement il se superpose à tous les autres voyages.  En son principe symbolique il est intimement lié à celui du parcours christique, il faut insister sur le fait que s’accomplit ici une purification morale lors de la descente aux enfers. Cette étape de transformation qui précède la libération et qui nécessairement a besoin de se confronter aux régions les plus sombres pour y être testé, est une sorte de baptême par le feu. Pour s’élever aux états supérieurs le Christ nous demande de nous rabaisser, de s’humilier, et ce n’est pas sans raison que le Christ nous demande cela, en effet  le centre de la terre est bien réellement le lieu de l’obscurité et de la matière, c’est également là que se situe la fournaise ardente qui procure le magma des volcans, cette lave est pareil à ce feu bien nourri qui sert à tremper les métaux pour les purifier et augmenter leur résistance. Et c’est justement par une cheminée volcanique que les personnages de Jules Verne sortent vivants du centre de la terre. Ainsi échappés du gouffre maudit, nos personnages se retrouvent en Italie, sur les flancs du Stromboli. Ce vague rapprochement géographique ne nous donne cependant aucune preuve de l’influence de Dante sur Jules Verne, mais cela suffit en réalité un tisser un lien formel entre les deux œuvres. Dans un sens ce rapport peut nous laisser présager une sorte de clin d’œil, car en effet il n’y a aucun doute à avoir concernant la symétrie verticale de la Divine comédie et du voyage au centre de la terre. Cette concordance qui s’opère ici par le moyen narratif se retrouve également dans le Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline. A cet égard, cette interprétation du texte de l’auteur de Mort à crédit peut sembler étonnante à première vue, sauf si nous considérons le « au bout de la nuit « comme l’enfer. L’allégorie n’est visible qu’à l’initié, comprendre l’allusion suppose une lecture symbolique et ésotérique du roman de Céline. En 1954, l’écrivain britannique J.R.R Tolkien, dans son œuvre le Seigneur des anneaux, fait également allusion à ce centre de la terre, domaine des forces ténébreuses dominé par Sauron qui trône sous la forme d’un œil unique entouré de flamme au-dessus d’un volcan. Ainsi au moyen de la révélation  et par le biais de la grande littérature nous sommes à même de donner une réalité géographique à l’enfer, et en sachant cela, à l’évidence le noyau terrestre fait donc office de feu nourricier, qui tout naturellement alimente en chaleur cette région infernale.

Antoine Carlier Montanari

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