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Publié par Alighieridante.over-blog.com

                

 Il faut remonter à 1955, date à laquelle Jean Delannoy réalise Chiens perdus sans collier, pour se rappeler que l'opiniâtreté, malgré les promesses du progrès social, s'est amplifiée dans la jeunesse. Dans l'ordre chronologique, le constat est navrant, rien n’a changé, c'est même pire, la période actuelle brille par sa prodigieuse incapacité morale, la jeunesse est si fière et si terriblement refoulante que plus rien ne semble pouvoir l'enchanter. Et là, où l'on rendait jadis, sur les autels, un culte au Christ, comme dans le long métrage de Jean Delannoy, Les amitiés particulières, les sentiments de la jeunesse étaient beaucoup plus romantiques. Depuis Elle s'en va, l'autre réalisation d'Emmanuelle Bercot, la croyance religieuse a disparu du spectacle. La tragédie sociologique écrase tout, et on se demande encore comment au milieu de ce désordre moral, les hommes arrivent encore à faire surgir l'espoir. C'est donc la morale naturelle qui délibère pour nous et ici, si ce n'est la grâce, Mallory, le jeune délinquant, choisi la vie et dans un élan salutaire parvient à éviter que sa petite amie qu'il vient de mettre enceinte se fasse avorter. Sa volonté a mis en échec le mal, la réalisatrice finit, contrairement au film de jean Delannoy, à ne pas infliger la mort à son jeune couple. C'est peut-être là la chose la plus étonnante, de la part d'Emmanuelle Bercot, on peut être étonné que la grâce s'épanche ainsi dans son récit. En effet, il s’avère ici, que le jeune Mallory, violent et haineux, va s’ouvrir à la vie en refusant que l’on tue son enfant. Cet acte de foi de la dernière minute est comparable à celui qui a animé le bon larron sur la croix. Il se peut que se soit là une vision inattendue de la part de la réalisatrice, qui, indépendamment de ses convictions politiques, s'écarte considérablement de ce que Jean-Paul II qualifiait la culture de mort. A l'évidence Dieu a toujours le dernier mot, Emmanuelle Bercot rejoint Jean Delannoy, si le diable semble avoir le mot de la fin, c’est précisément quand nous même ne voyons plus la grâce agir.

Antoine Carlier Montanari

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