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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 

 

 Jean Delannoy a le talent de narrer des histoires particulièrement difficiles. Après la princesse de Clèves, le réalisateur réarme l'humanité dans ce qu'elle a de plus sublime, l'amour. Jean Delannoy ose une telle relation entre un adolescent et un jeune garçon au sein d'un établissement religieux, c'est peut-être là la forme la plus singulière que l'on puisse compter chez les hommes. L'histoire ne sacrifiera ni gêne ni élégance et se gardera de finir sur un ton léger. La mort, comme dans la princesse de Clèves, sera l'unique bénéficiaire, contagion qui depuis Roméo et Juliette ne cesse d'appauvrir l'amour. La mort du Christ, forme absolument salutaire de l'amour, ne s'exerce ici qu'en retrait et le réalisateur sait agir de manière subtile pour moraliser son sujet. Cette proximité avec la mort dont le prince et la princesse de Clèves inaugureront dans l'œuvre du réalisateur, illusionnent sur la manière d'aimer. L’objet du désir, à savoir la créature aimée, ne peut combler réellement l'âme, ce n'est que vanité et désespoir de croire que la créature puisse éveiller dans le cœur autant de béatitudes. Jean Delannoy le sait, c'est pourquoi il ne cesse, en divers plans, de montrer ce véritable amour qu'est celui représenté dans le crucifix.

 

                                                       Antoine Carlier Montanari

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