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Publié par Alighieridante.over-blog.com

                

 Le capital de Marx, est, pour ma part, tout aussi sournois que le Mein Kampf d'Adolph Hitler. On pourrait mesurer ici, comme le souligne Peter Sloterdijk dans son livre Colère et Temps, le lien qui unit l'empire communiste à Karl Marx, et ensuite, par quelques réflexions sérieuses, basées sur les travaux d'André Senik, montrer comment le marxisme est à l'origine des forces communistes, nazies et fascistes. Les trois ont en commun un mépris du christianisme, particulièrement productif, quand il est question du nazaréen, les valeurs sociales se mettent en marche, et forment alors la seule opposition un peu crédible face aux évangiles. À vrai dire, ces derniers handicapent réellement la dialectique marxiste, la fameuse leçon sur le jeune homme riche est à elle seule bien plus efficace que l'ensemble doctrinal socialiste, lequel aura évincé le premier commandement de sa liste, pour que personne ne soit en mesure de dire que Dieu est vivant. La mise à mort de Dieu a inhibé le reste des commandements, le droit de tuer s'est donc professionnalisé, la capacité d'ôter la vie est donc devenue tout naturellement prérogative d'état. Dans cette histoire, les exécutions de Louis XVI et de Nicolas II, furent inévitables. La chute du roi français sera la véritable origine politique des grands mouvements nihilistes du 19eme et 20ème siècle, les Lumières sont en réalité l'organe de reproduction de la contre morale. Il s'est opérée là la plus grande des confusions, le seul statut du roi maintenait le capital aristocratique et bourgeois à un niveau raisonnable, la suite à bien montré que le capital avait trouvé dans le communisme le moyen de s'élever indéfiniment. Ils ont tué Dieu et le roi, ils ont émancipé le capitalisme. La leçon opérée par le Christ sur le jeune homme riche n'a pas été suivi, Marx n'a tirée de cette fonction régalienne aucune force. La seule analyse du capital cache en réalité le désir de voir s'effondrer la structure chrétienne qui a mis au jour, sous sa forme organisationnelle, le capitalisme. En effet, Rome, est le véritable modèle structurel, son organisation pyramidale a été imitée par tout le système capitaliste. À partir de là, Marx, en bon révolutionnaire, à tâcher d'attaquer la structure sur toutes ses bases et d'offrir une analyse capable d'inspirer sérieusement les antis chrétiens qui avaient vu dans le christianisme quelques idées louables. C'est donc à travers le capital que Marx va dénigrer les manteaux de pourpre et les soutanes noires (1), via la bourgeoisie. Le miracle étant d'ôter à ces parties le monopole sur la classe ouvrière. L'église était, par la force du capital, devenu la plus grande banque du monde. Même si l'analyse comporte une redoutable argumentation égalitariste, la multitude de préceptes humanistes va tenter d'inverser la polarité afin de propager à tous les peuples l'émancipation morale. Le miracle va s'accomplir en partie, mais l'élite communiste issue des révolutions va engendrer une domination bien plus sournoise sur la classe ouvrière. Une nouvelle doctrine, un nouveau clergé et surtout un nouveau capital, lequel sera, bien entendu, moins disproportionné et hyper régulé. Dans ce contexte, la critique du capital servira de véritable tremplin matérialiste, le capital attendra patiemment que le marxisme s'immisce dans les politiques occidentales pour mettre de côté tout droit divin. À partir de là, après l'effondrement du bloc communiste et l’effondrement ecclésiale, l'Occident capitaliste aura les mains entièrement libres. Marx a obtenu le contraire du résultat escompté, en fait, et on peut dire que le capital a acquis son autonomie par son supposé contraire. Aucune régulation ne viendra désormais entraver sa domination et le capital élèvera même ses propres politiques comme le ferait un émir avec ses chevaux de course.
 Non pas qu'il fasse ôter des étagères le livre en question, il est en quelque sorte la source philosophique de tous les mouvements totalitarismes du XXème siècle, y compris le capitalisme libéral. L'explication de Marx, qui encadre si justement la marchandise par l'argent, nous fait comprendre que le seul organe de valeur à la notion de travail est l'argent. En ce sens, la monnaie joue le rôle de juge universel, il est compréhensible après cela que le philosophe allemand est identifié la grande entreprise capitaliste comme le moteur malheureux du monde, le prix à payer était l'épuisement du capital énergétique humain au seul profit de l'argent. Et bien sûr, l'église, dans son ensemble, fit sienne les richesses du capital absorbé par les chrétiens. Cela n'échappa pas à Marx qui fit entrer dans les têtes du prolétariat un devoir d'indépendance, surtout vis à vis du clergé à qui le bénéfice allait en croissant. L'assurance vie proposée par l'église et notamment l'église catholique, garantissait au croyant, en échange de son or et de son argent, la pérennité de son âme. Riches et pauvres assuraient ainsi à leur existence la promesse d'un bonheur éternel en faisant ce qu’avait demandé le Christ au jeune homme riche. Et lorsqu'on veut se faire une idée de la puissance d'attraction de l'église on doit justement prendre en compte cette relation contre nature qui fait à la fois la fortune du capital mais surtout de l'église. Rends à César ce qui est à César et l'épisode de la pièce d'argent prise dans la bouche du poisson par Pierre, au lac de Tibériade, préfigurent ce mouvement giratoire. Bien entendu, le capital ne dévoile rien de tout cela, Marx n'en fait pas directement cas, la critique avance avec une grande clarté d'esprit, il s'agit avant tout de saper l'ordre économique, il faut en quelque sorte, apporter la preuve que la réussite chrétienne n'est ni plus ni moins qu'une œuvre bourgeoise et maléfique.(2) Marx finira par dire, la religion est l'opium du peuple, phrase ensuite repris allègrement par tous les athées du monde entier, et qui sera, effectivement, l'aveu indéniable de sa véritable détermination. Ce plan de "décontamination" des esprits comporte en réalité une violente charge anti gravitationnelle susceptible d'accélérer le processus décrit par Jean à Patmos. Le risque sismique est indéniable, il y aura des conséquences désastreuses à court, à moyen et à long terme, Jean aura eu raison, le Seigneur, par sa main, a dévoilé tout le mécanisme marxien jusqu'à sa chute. La bête qui se meut dans l'apocalypse est le symbole des Lumières, doté, comme Dieu l'a voulu, de cornes, permettant ainsi de l'affilier à son maître du dessous. Le premier révolté a donc bien rempli les bancs de son école, la révolution est enseignée comme une discipline louable.
 En 1879, 7 ans après l’ouvrage de Karl Marx, Jules Verne rapporte la mutinerie qui s'était produite sur un navire anglais, dans une nouvelle qu'il intitula les révoltés de la Bounty. En fait l'auteur réactualise la révolution française, et tout comme Melville avec Moby Dick, prophétise également la chute des forces conservatrices. Le titre du roman ne fait aucun doute sur l'époque en marche, la Bounty symbolise l'éventuelle chute de la monarchie anglaise, de même l'Essex ou le Péquod, le navire baleinier de Moby Dick, celle des États-Unis d'Amérique. La reconstitution de l'événement tragique qui a conduit le capitaine William Bligh à fuir avec ses fidèles sur une seule embarcation à de commun avec le roman de Melville, cette échappée belle qui conduisit les rescapés de l'Essex à être entraîné au désastre, le radeau de la Méduse de Théodore Géricault nous évoque la même tragédie. Comme quoi les grands naufrages inspirent le grand art, le navire est toujours la représentation de la communauté humaine, si la barque des apôtres est celle de l'église, la barque de Dante et de Virgile peint par Delacroix symbolise l'humanité en marche, toutes ces embarcations sont en fait soumises à un équilibre précaire. Dès lors le diable essaye de rafler la mise en tentant de renverser le bien qui maintient cet équilibre, la révolution est l'instrument adéquat employé dans de pareils cas. Ceci n'est jamais l'apanage du bien, quand bien même serait l'amplitude de l'iniquité commise, Moise n'a pas tenté de renverser, ni de tuer pharaon pour obtenir la libération de son peuple. Quand on suit attentivement le procédé révolutionnaire, on s'aperçoit rapidement que la foule en colère ne fait pas de détail quant à la nature de ceux qui sont supposés payés. Le mouvement est bien trop sauvages pour accomplir un acte de justice raisonnable, les plus bas instincts sont exacerbés et dirigés sans peine vers toutes les cibles affreusement peintes par les révoltés les plus énervés. Mais dans ce processus, tout révolté est soumis à plus révolté que lui, la méthode entraîne irrémédiablement une épée Damoclès sur chacune des têtes qui enseigne cela ou qui la pratique. C'est d'ailleurs le moteur principal des groupes mafieux, toutes les énergies sont orientées vers le seul capital et la lutte armée. Ces révoltés dépouillent les riches en professant la manière dure pour corriger les excès du capital. La sélection se fait donc par élimination directe, Marx a dépêché sa méthode avec la conviction que les justes la verraient d'un bon œil, ce fut l'erreur majeur de croire que l'abolition du Capital allait tout réglé. Le rapport entre le capital (la propriété) et la dignité, via la reconnaissance, est d'autant plus grande que si l'on soustrait à la personne toute richesse, tout capital, elle finit par perdre l'estime de soi et des autres. La frustration engendrée, suite à la détestation du capital, va servir de catalyseur énergétique à l'encontre des richesses de l'Occident libérale, la révolution est en marche avec son incubateur génocidaire, les masses vont être portée à haïr les castes dites "supérieures". La lutte des classes va être généralisée et deviendra une évidence mondiale. Les révoltes populaires se traduiront aussi bien dans les campagnes que dans les banlieues, avec certes aucune courroie de transmission commune mais une volonté farouche de foutre le feu. Quant aux syndicats largement usés par les luttes intestines, seront désormais les relais des masses clandestines qui cherchent du travail. Le capital a trouvé dans les syndicats un moyen "honnête" de défendre mordicus les prolétaires du tiers monde qui acceptent de travailler pour une misère. Si les extensions anticapitalistes solidement implantées dans les grandes entreprises d'état, vouent un culte exagéré au prolétariat, leur inertie en matière de morale politique les pousse, au nom des contres valeurs marxistes, à gonfler les rangs des partis corrompus de gauche. Quand l'évidence est telle qu'elle crève les yeux, ils font mine, comme de mauvais moralistes, de montrer du doigt les capitalistes, en les nommant directement responsables de la déroute socialiste. Cette faute déontologique les condamne à sucer indéfiniment les deux bords, alternativement avec une délicate exagération du côté droit. Ils ont désormais développé un réflexe dyslexique, qui se manifeste systématiquement lorsque des forces politiques dites "populistes", menacent leur autorité. On ne peut plus rien pour eux, Marx aurait dû leur expliquer qu'on ne pactise pas avec le capital sous peine d'attraper un large éventail de tumeurs de type hémorroïdes particulièrement coriaces en période de crise. Cette tragi-comédie est à elle seule un aveu d'impuissance des forces anticapitalistes en place.

 L'expansion quasi exponentielle des moyens d'enrichissement a provoqué une surproduction de testostérone chez les salariés des banques. Tous les secteurs de la finance ont indéniablement amplifié leur présence dans toutes les activités humaines, avec un accroissement considérable de leur influence auprès des agences et institutions gouvernementales. On est maintenant en présence d'une bête multiforme extrêmement vorace qui porte sur la tête autant de cornes que l'autre bête décrite par Jean. Ce fléau a parfaitement maintenu en captivité l'humanité toute entière, qui, l'humanité, au lieu de désigner le marxisme comme le co-responsable officiel, se soumet inlassablement au verdict de la fortune en faisant mine de distinguer le socialisme du capital pour satisfaire les apparences. En réalité, comme nous l'avons vu précédemment, le véritable amplificateur du capital, à défaut d'être le géniteur, est le marxisme. Ce n'est pas cette règle qui est mise en avant dans les discussions de salon ou de café, chacun préfère croire soit à la toute-puissance de l'un, soit à la toute-puissance de l'autre, dans les deux cas ils évacuent constamment la mise en scène des forces négatives qui font de cette étrange alchimie une combinaison parfaitement opérationnelle. On pourrait croire, comme le dit Nicolas Machiavel, que les uns veulent dominer et que les autres ne veulent pas l'être, ce petit jeu n'est valable que pour souligner la différence de classe entre les deux parties, le motif de fond est en partie caché par cette différence qui fait mouche systématiquement. En fait, le socialisme ou le marxisme, comme la piraterie, est obligé de pratiquer le même schéma organisationnel que son adversaire pour pouvoir survivre. Ces derniers, qui pensent pouvoir profiter des mêmes avantages de la fortune, ne font, en effet, que rediriger les énergies vers un capital qui ne dit plus son nom. Aucune organisation humaine ne peut se défaire du capital sous peine de tomber dans un système où la péréquation monétaire demande aux esprits de répondre favorablement au Christ quand il parle au jeune homme riche. Au regard de la réponse, on comprendra aisément que la nature de l'homme est fondé sur un capitalisme biologique. Marx, entre autres, a fait mine de l'ignorer, mais surtout à évacuer la leçon parce qu'elle était celle du Christ lui-même. Le résultat est fort impressionnant, toute l'idéologie socialiste est contrainte de jouer les vierges effarouchées face au capital afin d'obtenir l'indignation générale. En ce sens, la pleurniche recadre l’esprit collectif, déjà bien imbibé de charité et d’altérité chrétienne. La parodie est musclée, on est passé de l’observance à la probité, ça a tout l’air d’un deuxième catholicisme. (3)

Antoine Carlier Montanari

 

(1) Karl Marx, Le Capital, Préface 1, 

(2) Karl Marx, Le Capital, Préface 1, La Haute Eglise d'Angleterre...

(3) Peter Sloterdijk, Colère et Temps, p297

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