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Publié par Alighieridante.over-blog.com

                  

 Si vous avez vu le film de Jerry Lewis, Cendrillon aux grands pieds, de 1960, il ne vous aura pas échappé l'allégorie de l'arbre du jardin d'Eden. Tout le cinéma de Jerry Lewis survient avant les grandes transformations sociologiques, l'évolution des mœurs et de la morale. Jerry Lewis a participé subtilement à la lente dégradation des comportements, l'influence qu'il a exercée sur le public a été masquée par le pouvoir de la comédie. Le couple qu'il a formé avec Dean Martin dans plusieurs films, a assuré remarquablement l'ambiguïté morale entre relations masculines. Ainsi, l'influence de l'acteur réalisateur, de par sa continuité, trouve peut-être son origine ou sa synthèse dans l'oranger qui borde la fenêtre de la cuisine. En effet, c'est là que Jerry Lewis ira se servir du fruit pour y faire un jus. Sans trop s’attarder sur la scène, on remarquera également que la fenêtre est grande ouverte et qu’elle donne directement sur l’arbre, c’est une manière d’exprimer l’ouverture d’esprit et la volonté de découvrir, ce trait de caractère, nous dit le Larousse, est l’extraversion, caractérisé par une fréquence élevée de conduite visant à établir des contacts sociaux et à rechercher des stimulations nouvelles. On peut tisser facilement, d'après cela, le lien avec Ève qui prit du fruit. L'acte ainsi commis aux yeux de tous, ouvre les yeux sur la question du péché et de tout ce qui s'en est suivi. Remarquons, du reste, et c'est là toute la subtilité, que Fada se prend pour cendrillon. Jerry Lewis use régulièrement de cette confusion des genres et n’hésite pas à prendre robe pour tromper son monde. Ce n’est pas seulement un artifice comique, cette métamorphose suggère une double identité, cette pratique amalgame les deux sexes. La référence biblique sert donc ici, comme on l'a vu, de tremplin idéologique, mais pas seulement, Cendrillon, dans le conte, est entièrement soumise à sa tâche. Laquelle, rappelle bien évidemment la sentence donnée par Dieu pour avoir désobéit en mangeant du fruit de l'arbre défendu. Fada se trouve donc dans l'obligation de travailler pour se nourrir, c’est en quelque sorte, ici, la traduction de cette punition.

Antoine Carlier Montanari

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