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Publié par Alighieridante.over-blog.com

     

 Devant nous, devant chacun, là, comme si de rien, se mêlent des mains coupables et innocentes. Décidément Thomas Krappitz a du talent pour faire concourir la grâce et la contingence. Cette superbe Vénus, cause certainement de tant de passions ardentes, pointe ici son regard comme un petit doigt qui fixe son objectif. Son péché est là, au lieu de son soleil, avide et étoupé, dont le foyer pulpé jouit d'une grande liberté. C'est une catin diront certains, pourtant il y a du soucis, je crois, sur son visage, et c'est pour ça, je crois encore, qu'elle a sur sa table de chevet une icône. C'est au doigt, encore lui, que l'on doit toute la finesse du tirage. C'est là, que le visage qui demande le silence vient illustrer par l'index sur les lèvres l'acte imprononçable ici. Le saint sait ce qu'il mime, l'ombre couplée à la lumière sonne l'heure de la véritable noce, celle du recueillement avec le Seigneur. C'est l'instant de la confession, ne voyez-vous pas l'hésitation de la jeune femme! Pour chaque homme qu'elle a gagné, elle a effacée de son âme un peu plus de l'auguste vertu. Elle nage maintenant dans le silence, on dirait un serpent observant sa proie. Il est là qui tourne autour de son corps, dangereux et caressant comme l'ombre tissée sur la robe métal, la taille admirable semblable à un noble vaisseau. L'antique bête, obscure, écume la présence du saint, cette crapule maudite et son cortège de diamants et de chaines, cache sa sombre face et le reste de sa toison singe habilement l'ombre portée dans la pièce. Quand à la lumière, un bien grand guide en ces temps, fend le visage de la belle, une part pour elle, une part pour l'autre, l'autre qui laisse bien libre celui de saint Dominique de Fra Bartolomeo. C'est le fauteuil, si vous observez-bien, qui trace la limite sur le saint, c'est normal, c'est le siège de la chair. Comprenez-moi bien, ce n'est pas celui de l'esprit ni de l'âme mais bien celui de l'ivresse, de la richesse et de la luxure. Tout autour d'elle, sur elle aussi, règne cette bête protéiforme que j'ai déjà cité plus haut. La belle enfant, tressée d'or et de lin, n'a pas l'intention d'en dire plus, du moins je ne sais pas comment qualifier le verbe qui demeure en son sein, mais ce que je sais, sans excuses bien sûr, c'est que la main du feu a bien jaillit dans ses entrailles!

Antoine Carlier Montanari

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