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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 Il y a ce crucifix fixé sur le mur du fond, dans l'ombre, derrière cette jeune femme assise dans la lumière. Même si "Summer in the city" d'Edward hooper a inspiré l'oeuvre, c'est  manifestement Tamara de Lempicka qui y demeure. "Saint Moritz", " Nana de Herrera" et " Portrait of Mrs Bush", ont surélevé la même gestuelle. Ici, deux forces s'opposent, l'une l'ombre et la luxure, l'autre la lumière et le sacrifice. L'idée irréductible du péché et de la grâce imprime ici son mouvement avec une juxtaposition fort réussi, la tonalité du clair obscur est suffisament taillée pour y cerner l'épisode épineux du Christ et de la prostituée. Il y a donc bien une image derrière cette image, cette résonnance religieuse prend également appui  sur la consistance délicate du visage de la jeune femme. Elle a le sens approprié de la sainte, le regard tourné au ciel pour s'écarter de cette nature infectée qui se maintient en elle. Cette dimension spirituelle qui s'attache en premier abord au vice, ne dit pas si l'homme crucifié qui est derrière elle ne voile pas l'homme devant elle, nous peut-être, qu'elle regarde peut-être. Elle s'accorde avec son être, se prépare et ôte ses bas pour pratiquer son office. Bien sûr, si ce rituel là est celui accordé par l'artiste, le crucifié demeure le véritable isoloir pour se purifier. 

Antoine Carlier Montanari

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