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Publié par Alighieridante.over-blog.com

 

 L'enchainement des évènements parus dans le ciel après qu'ils se soient élevés de terre, signe-là une manifestation terrestre puis céleste de la déroute humaine. Sous cet angle, cette suite de catastrophes aériennes solidifie violemment l'impuissance des forces rationnelles et matérielles qui à maints égards trahissent le plus souvent le désir des hommes de se prendre pour des dieux. Cette grande formulation, objet de tant de convoitises et de rêves contextualise cet effet pervers reconnu déjà lorsque Babel fût édifiée et qui inspira d'une autre manière l'Egypte et ses princes. Magistrales qu'elles ont pu apparaître, ces constructions verticales n'ont fait qu'extérioriser l'envie et l'orgueil. Je dirais bien que cette interprétation accuse la raison toute puissante, à vrai dire si l'idée première est d'accuser l'autonomie morale de l'homme, elle peut également affirmer la même qui motiva Icare. Le rappel de cette réflexion herméneutique doit produire une conjoncture des forces divines et terrestres, le père et le fils, en ces temps de grandes confusions et je dis confusions lesquelles fécondes et dynamiques produisent autant de dérives que par le passé, si ce n'est plus et je pense que c'est amplement minimisé. A vouloir ainsi superposer les différentes époques apocalyptiques c'est aussi vouloir mesurer l'étendue de la catostrophe humaine, chaque signe peut avoir un sens hors de son simple effet existentiel et c'est là, si l'on conscent bien sûr à observer attentivement la sociologie dominante. Les hommes ont favorisé une production abondante de technologie, l'éclosion d'une telle force a totalement amplifié leurs envies, objectivement il n'y a pu ni sens ni vision en dehors de cette force. L'existence d'une telle possibilité ne freine plus leurs rêves, ni leurs désirs, ils sont autant d'Icare usant d'une multitude d'appareils conceptuels et plus performants qui indubitablement accélèrent leur domination sur toutes les choses. Face à cette magnitude humaine, l'ampleur de leur désobéissance sera proportionnelle à leur volonté d'émancipation. Cette mentalité opère hâtivement et forme une socialité relativement soumise, soumise à l'objet créé, l'objet dicible et toujours palpable. Elle se matérialise donc dans l'ensemble des contingences liés aux problèmes formulés par le réèl. En somme cette expression humaine édifie son propre orbite, les recommandations du père, de Dédale et de Dieu par l'intermédiaire de Moïse, ne font qu'entraver leur émancipation. Cette dynamique libertaire s'emploie ardamment à développer une stratégie de l'autonomie dans le réèl, dans cette dimension temporelle qu'elle glorifie au point d'y espérer demeurer éternellement. Martine Rothblatt tente de remanier l'oeuvre naturelle, ce capitaine d'industrie devenue femme, espère momifier le temps à coup de milliards en modifiant l'organisme humain. En clair, il n'y aura ni mort, ni Dieu, c'est une maîtrise savante de l'existence avec une incarnation légitime puisque assujetti au dollars. Cette position dispute tout contrôle à l'âme et confére à l'esprit les principales prérogatives selon que l'office immédiat privilégie la satisfaction personnelle. L'inégale disposition des richesses entrainent ainsi les plus riches à se prendre pour des dieux, et ils agissent simultanément sur l'économie, l'industrie, la politique, la culture et l'éducation. Cette envolée spéctaculaire des désirs entrainent d'avantage de maux car ces "dieux" humains ne font qu'alimenter ce désir mimétique de posséder toujours plus. Cette famille modèle génère incontestablement des frustrations négatives dans l'autre famille, l'édification de cette charpente à vrai dire a toujours existé mais c'est en cette époque qu'elle se dresse le mieux.  L'argumentaire de ces fils forme la même casuistique que celle du jeune homme riche devant le Christ. C'est un veau d'or chargé à bloc d'obsessions humaines, grandement pourvu de Fausts, d'apprentis sorciers, de docteurs Frankensteins et de Midas. Or, parfois, une condition terrestre vient les défaire dans leurs élans, le patron de Total, Christophe de Margerie est mort dans le crash de son avion. L'arrière plan moral peut y voir un réequilibrage des forces, si cette "justice providentielle" est susceptible de former des curseur d'avertissement, elle matérialise tout autant la présence d'une mesure indomptable qu'est la mort. La plus grande des affaires disait Bossuet, celle que doivent céder tous les emplois, Christophe Margerie n'en avait peut-être que faire mais désormais c'est son âme qui en fait tous les frais. Selon cette perspective, la chose la plus essentielle sur cette terre n'est rien en mesure de ce grand évènement. Cette dernière remarque amène à cette autre catastrophe aéronautique avec le crash du vaisseau spatial de Richard Branson quelques jours plus tard. Il semble que le destin souhaite agir par des signes visibles et dicibles, là où la pensée Spinozienne soulignera une suite d'erreurs humaines, le cumul de telles catastrophes soulignera quand à lui qu'elles ont entraîné la mort. Sur cela, à bien regarder le ciel, si l'homme se comporte comme Icare il finit toujours par en payer le prix. Cette gravité terreste a bien son rôle à jouer et il s'agirait bien de s'en souvenir, elle peut faire sens comme la grâce et le salut, soulignant bien que l'oeuvre de la nature doit-être respectée et sollicitée dans un bon ordre. Les dérèglements moraux finissent toujours par entraîner d'autres troubles qui en mesure désordonnée finissent par altérer la psychologie et même la raison pure. Les effets sont donc immédiats et cela entraînent bien entendu tout une suite de catastrophes qui possède la propriété de se révéler comme des signes visibles d'une déroute humaine. Mais continuons sur notre lancée, une autre catastrophe, peut-être la plus spéctaculaire est intervenue entre les deux premières catastrophes. Une fusée américaine a explosée quelques secondes après son décollage, à la suite semble t-il d'une panne de ses moteurs russes. En plein relan de guerre froide, on peut y voir alors une fracture modélisée de cette crise.  L'explosion a provoqué une énorme boule de feu visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, détruisant le pas de tir et provoquant des débuts d'incendies sur la végétation en bord de mer (le Figaro du 30/10/2014). Ce travail d'interprétation pourra amener à une autre interprétation puisque dans l'article situé juste en dessous de ce dernier, une autre boule de feu,le soleil, présente une gigantesque tache de la taille de Jupiter. Cette tache a engendrée une série de violentes éruptions solaires qui ont affectées des communications sur terre. C'est cela penser relationnellement, cette crise de colère inattendue pour le soleil, comme le titre le Figaro, semble annoncer le temps d'un châtiment. Cette croyance dans les signes, surtout venant du ciel, a pour but d'étiqueter toute l'arrogance humaine à l'endroit où elle s'estime suffisament à l'abri car ce n'est que par elle, la sémiotique, que l'on peut savamment considérer la profondeur des choses. Cette approche fixe très clairement la circulation du péché originel, dès lors cette encrage comportemental qui en a découlé a offert à l'humanité toute entière l'incapacité d'agir pour le bien en toutes choses. La structure interne de l'homme s'est vu boulversée et a été irrémédiablement dégradée. La mort est entrée destituant à toute l'oeuvre humaine son caractère inaltérable, ordonnant ainsi une multiplication exponentielle d'actes dégénérés et mortifères. Consciente ou inconsciente, l'ordonnance cérébrale dépourvu de sa perfection entrainera inlassablement la communauté vers le bas. Cette spirale négative si bien décryptée par René Girard va incontestablement provoquer une série de catastrophes au sein de toute la communauté. Ainsi si l'on observe la fin des civilisations et la chute des empires, ces conséquences désastreuses ne font qu'identifier la destinée des hommes. Parallèlement à cette logique, chacune de ses discontinuités apocalyptiques va entrainer un nouveau départ et l'ensemble de ces alternances dessinera l'évolution historique de l'homme. Mais à chaque fois, même si globalement l'homme s'améliore et progresse intellectuellement et moralement par l'intermédiaire du modèle christique, il ne peut échapper à cette logique conflictuelle et meurtrière qui est inscrite en lui depuis le péché originel. 

Antoine Carlier Montanari 

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