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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com

                                                  

 Il est comme Machiavel, Pétrarque, italien et grand adorateur de l'antiquité. Cet amour, ce ravissement plutôt, c'est ce qui absorbe son âme, c'est là-bas, dans ce lointain passé que l'esprit a été si noblement travaillé, l'exaltation de la poésie, la recherche de la vérité, l'éloquence, l'usage de la piété et l'enseignement de la sagesse. Or, comme ne pouvant echapper à sa propre époque et à ses contemporains, c'est à cette antiquité que Pétrarque puisera ses richesses. Il ne saurait être seulement apte à ce glorieux passé, si Cicéron incarne pour lui le meilleur de ce temps, c'est au Christ qu'il tire la meilleur part. D'ailleurs, celui qui lira cet ouvrage, pourra aisément, s'il a lu "Itinéraire d'une âme à Dieu" et "L'imitation à Jésus Christ",  y voir les nombreuses similitudes pour s'apercevoir que le bénéfice le plus profitable à l'homme est la charité, la piété, l'amour du prochain plutôt que les considérations liées à la connaissance, au savoir et à la culture. Il vaut mieux être traité de bon et d'inculte que son contraire, c'est là une profonde joie pour le coeur, plus grande et plus épanouissante. Les savoirs sont souvent causes de folie et d'orgueil, ils ne contribuent en rien à la vie heureuse *. En effet, tout au long de l'histoire nombre de savants, d'historiens, de prètres, d'hommes de lois ont acquis des connaissances qui se sont avérées érronées ou fausses avec le temps, en réalité ces choses comme étant illusoires font croire bien souvent, comme elles le sont par leur nature, trompeuses pour l'esprit. Si en contre partie elles se révèlent vraies, ces choses n'entendent pas apporter à l'âme la véritable paix, connaître l'exacte position des étoiles, le nombre d'espèces qui peuplent les océans, toutes les lois qui ont régit Rome ou même prononcer le mot amour dans chacune des langues et dialectes humains ne permet pas de guérir les souffrances liées à notre condition. Il faut donc rendre grâce comme le dit Pétrarque d'être bon plutôt que savant, être un homme de bien c'est être humble, conscient de sa propre ignorance et de sa faiblesse * et au regard des gens pleins d'eux même, sûr d'eux même, sûr de leur savoir, le savoir c'est pour eux la plus grande vertu car le savoir c'est le pouvoir. C'est pour cela que le jugement des hommes est souvent inique, l'orgueil égare, la foule a préféré Barabas au Christ, en adoptant l'opinion commune ont devient loyal au plus grand nombre sans pour autant satisfaire la justice et la morale. Il faut donc être comme le dit Pétrarque bon et juste, être un homme de bien sans culture *, la bonté du coeur plutôt que l'éclat du savoir, contentons nous d'être un homme de bien * nous dit Sénèque, meilleur et plus saint ajoute Pétrarque. En somme, d'après saint Jérôme, il vaut mieux se soucier de ce que dit le Christ que de ce que dit Aristote, en effet tous les secrets de l'univers, les choses cachées ou mystérieuses ne peuvent prétendre pénétrer ni approcher la vérité céleste si le coeur n'est pas dépouillé de l'immense orgueil que provoque l'accumulation des savoirs. C'est pourquoi, la vrai connaissance doit conduire à la piété, vrai et salutaire, qui établi dans l'esprit et dans le coeur, pour parler clairement, la contemplation de Dieu, du Christ et de sa création. C'est un bien suprême que de penser la souveraineté divine, bienheureux l'homme instruit de cette manière, c'est ainsi que par l'action de son esprit, Cicéron n'ayant pas connu le véritable Dieu affirme pourtant sans complexe: Or les choses célestes et toutes celles qui obéissent à un ordre éternel ne peuvent être créées par l'homme. Donc ce qui les crée est meilleur que l'homme. Et quel nom donner à ce principe plutôt qu'à Dieu? *. Et c'est là la question, le hasard peut-il être capable de réaliser quoi que se soit? Il serait donc absurde de croire la nature objet d'une source sans conscience qui réalise d'elle même la conscience. N'est-ce pas là donner à ce principe beaucoup trop de génie car si l'homme a besoin de toute son adresse et de toute sa raison pour réaliser un ouvrage alors comment expliquer qu'une oeuvre plus grande encore comme l'univers puisse être le fruit du rien ou du néant, pourrait-on demander à un dé de fournir par lui même une suite sans fin d'un même chiffre? Petrarque travail ainsi à décortiquer la raison, la connaissance et la sagesse, pour lui comme pour Gilson d'ailleurs il est inutile de vouloir trouver une autre cause au monde, toute chose évoque un Dieu unique. Car la raison sait nommer par la parole le sujet d'une action, elle ne peut dire d'une chose qu'elle s'est constitué d'elle même car toute chose avant d'être elle même n'était pas et ce néant ne peut par sa propre nature engendrer ce qu'il ne connait pas, c'est tout autant dire qu'un homme qui n'a jamais vu un navire puisse dire que c'est un navire. Voici en effet l'essentiel de ce livre, connaitre sert à engendrer et comme Dieu seul connaît tout il peut engendrer tout, cependant pour Petrarque, la connaissance n'est pas l'attribut primordial, car elle peut comme l'éclat des yeux ou la blondeur des cheveux qui éstompent d'horribles défauts physiques *, cacher par ses charmes d'autres attibuts malfaisants. Mais je ne finirai pas l'éloge de cet ouvrage sans évoquer cette grand question qui rejoint celle très célèbre de Leibniz, pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien? En effet, Pétrarque, de la même manière, demande pourquoi le monde n'a pas été fait plus tôt? Si la première met en echec les hommes de science, la deuxième les confond tout autant puisque pour eux aucun sujet n'est maître de la création. Il y a donc ici une redoutable pensée, que pouvait-il y avoir avant le monde qui puisse être mesuré sans le temps et qui de lui même aurait décidé que le monde soit dans ce temps? Si ce n'est Dieu comme l'évoque Cicéron et Augustin, si le temps est défini par le cours du soleil par exemple, comment une chose qui ne connait pas le temps pourrait odonner que le temps soit? Mais si cette chose connait le temps, n'est-elle pas alors un esprit supérieur?

Antoine Carlier Montanari

 

 

*successivement page 53,60,60,69,83,92

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