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Publié par AntoineCarlierMontanari.over-blog.com


                                 


 

 S'il faut croire, lors d'accords, que le bien ou la vérité seront recherchés, il devra être établi et démontré que chacune des parties, au préalable, en ait eu la connaissance et bien entendu être disposé à en appliquer toute  la mesure. Il sera bien plus facile en réalité de vérifier les manquements de chacun, liés eux mêmes à des affections bien trop envahissantes.  Aucun esprit n'est complètement capable, par lui-même, de se désengager de ses propres contraintes, je veux dire par là qu'il ne peut soustraire à son jugement l'influence de ses sens, de ses passions, de ses envies et de ses croyances, dont chacune aura à coeur de posséder la raison. C'est que les hommes mènent plutôt leur existence suivant leur bon plaisir et même s'ils tendent à rechercher le concensus, les habitudes qu'ils ont contractées les empèchent bien souvent de reconnaître la vérité. Hélas, leur nature orgueilleuse témoigne bien souvent de leur aveuglement et c'est au prix de gros efforts qu'ils sont capable de s'humilier pour donner raison à la vérité. Sur le modèle du Christ qui est mort crucifié et de celui de Jeanne d'Arc condamnée au bûcher, l'on pourra difficilement éviter de conclure que le jugement des hommes fut ici inique. Si ces exemples prouvent combien l'aveuglement spirituel peut-être vérifié chez les hommes de sagesse, il s'en trouvera certainement peu capables de ne pas comdamner la vérité lorsqu'elle se présente à eux. C'est là une réflexion majeure, les hommes cherchent-ils à mettre en lumière la vérité ou leur vérité? En réalité il n'y aurait pas de compromis ni de débats si celle-ci était évidente. Personne ne viendrait à contredire celui qui dit que la terre tourne mais s'il venait à le faire parce qu'il en a simplement le désir il pourrait s'opposer donc à la vérité et par conséquent exiger de vous que vous vous taisiez. Il faudrait alors céder à un compromis sur la vérité pour aboutir à une entente, c'est cela la diplomatie. En pareille circonstance, le vainqueur comme le vaincu ne servent pas le même idéal et s'ils se retrouvent autour d'une table pour négocier quelques traité afin de sortir de la crise, ils n'auront pas d'autres désir que d'employer tous les mots pour tirer vers eux la meilleur part. Transiger, céder s'il le faut, mais l'essentiel sera de garder en sureté ce qui leur est le plus cher. Aucune des parties ne pourra remédier avec efficacité au bien de tous, le mal n'étant pas forcément reconnu comme étant le mal, le recours aux bonnes méthodes ne sera donc pas aussi évidentes. Effectivement, quand on sait avec quelle habileté l'homme peut user des seuls mots pour obtenir  une multitude de choses, on comprend également que par le mensonge il peut obtenir bien plus. Dans cette circonstance les mots du renard au corbeau résonnent particulièrement bien puisqu'ils montrent comment l'usage de la langue permet de tromper l'esprit. Tout cela provient, bien entendu, des paroles du serpent dans le jardin d'Eden. Quiconque réfléchi sur cette considération comprendra avec quelle aisance ce dernier a pu posséder Eve, la culpabilité, la séduction, les éloges sont autant de manière qui font succomber la raison. Donc écouter la parole vile comme celle du serpent ou du renard, c'est laisser entrer le mensonge et le doute. Il n'y a donc aucune transaction possible avec la vérité, le faire c'est déjà accepté de la compromettre, le Christ n'a t-il pas refuser tout compromis avec Satan?  De même Léonidas aux Thermopyles n'a pas daigné accordé à Xersex ce qu'il demandait, parce que si il l'avait fait il aurait fallu déposséder Sparte de sa liberté. Mais admettons que Léonidas finisse par faire admettre à Xersex son erreur, cela tiendrai d'avantage du miracle et de la grâce que de la grande habileté de ce premier. En effet, le conquérant, de par sa nature, ne peut se laisser posséder par des paroles de justice, lui même les considèrant comme faîtes pour les faibles ne peut convenir de par ses propres principes, à ce qu'elles soient bonnes pour lui.  Cependant, si par quelques artifices, un compromis est trouvé, on ne peut pas dire pour autant que cette entente a servi la vérité, en effet,  le compromis ne sert pas à trouver la vérité, ce n'est pas là son rôle, mais à accorder deux parties distinctes. Sur quoi il faut faire remarquer que lorsqu'un compromis est trouvé les moyens sont généralement justifiés par la fin. Aussi et c'est là mon propos, la diplomatie est un moyen pratique d'empécher les hommes de se quereller, cependant elle ne les corrige point, elle les dédouane même puisqu'elle ferme bien souvent les yeux sur des fautes graves ou quelques exactions. La diplomatie est le langage du serpent, si bien que les diplomates qui la serve, mélangent adroitement le bien et le mal et usent des mots comme autant d'ingrédients composant une solution savante. Si l'habileté du langage est ici nécessaire, l'art d'avoir toujour raison l'est d'avantage, paraître avoir raison est plus important que d''avoir raison car nul ne possédant la vérité, aucune des parties ne pourra avoir raison aux yeux de l'autre. En fait, si les hommes peuvent s'accorder pour éviter la guerre, les désordres n'auront pas pour autant été résolus, tôt ou tard les feux surviendront et la guerre avec. Un pareil traité ne permet pas en réalité d'éviter la guerre, il ne fait que la retarder, si Léonidas avait voulu encouragé la paix il aurait dû donc abandonner Sparte à Xersex et par la même occasion il aurait entrainé une multitude de désordre en son sein.  Si les princes ont le devoir de garantir la paix, ils ne doivent pas non plus la garantir à n'importe quel prix. L'expérience, en effet, a montré comment certains princes ont habilement motivé la guerre pour obtenir de la part de leur adversaire des concessions qu'ls n'auraient pas eu autrement. De plus, lorsque l'on considère combien il est difficile de faire entendre raison à un prince belliqueux, on peut s'étonner des moyens usés par la diplomatie pour obtenir gain de cause. Il est bien évident que pour faire plier un adversaire agressif et plus puissant, quelques chantages ou menaces n'auront pas été vains, c'est là les seules manières qui le feront reculer, les seules qu'il connaisse par ailleurs. Cela impose donc que le plus faible use de manières peu recommandables pour espérer inverser la situation mais si il s'en remet à Dieu et non à ses mots, à la manière de Moïse d'ailleurs, il pourra obtenir de Ramsès qu'il recule.  Ainsi, si les hommes ne s'accordent pas sur la vérité, ne distinguent pas la véritable nature du bien et du mal et n'ont pas le désir de servir la vérité, comment pourraient-ils raisonnablement obtenir la paix? La diplomatie étant impuissante à la conserver, la seule paix que l'homme pourra connaître dépendra de la puissance de son armée.
Antoine Carlier Montanari

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